Éruption de l’Etna, le panache de dioxyde de soufre a atteint l’Afrique du Nord : la photo du satellite Copernicus

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

LE’Éruption de l’Etna du début Juillet – désormais conclu – a également été enregistré depuis l’espace: l’énorme panache de dioxyde de soufre (SO₂) émis depuis le cratère Voragine a été transporté par les vents dominants vers le sud, traversant toute la Méditerranée centrale et atteignant le Afrique du Nord. C’est ce que démontre une image créée par le satellite Copernicus Sentinel 5-P et publiée par la plateforme ADAM, qui montre clairement le panache de gaz volcanique s’étendant de la Sicile jusqu’aux côtes de Libye, Tunisie, Algérie et Égypte.

Le panache de dioxyde de soufre et la photo prise depuis l’espace par le satellite Copernicus Sentinel-5P

L’image que vous voyez a été capturée depuis l’espace et publiée par la plateforme ADAM (Gestion avancée des données géospatiales) : montre un long sentier coloré qui, depuis la Sicile, traverse toute la Méditerranée centrale, s’étendant vers le sud jusqu’aux côtes de l’Afrique du Nord. Cette traînée n’est pas de la fumée au sens strict, mais un énorme panache de dioxyde de soufre (SO₂) libéré par l’Etna lors de l’éruption du 7 juillet.

C’est le satellite qui l’a enregistré Sentinelle-5Ple premier satellite du programme européen Copernicus entièrement dédié à la surveillance de l’atmosphère terrestre. Lancé le 13 octobre 2017 par l’Agence spatiale européenne (ESA) et la Commission européenne, Sentinel-5P est équipé d’un instrument baptisé TROPOMES (TROPOspheric Monitoring Instrument), un spectromètre multispectral avancé capable d’analyser la composition de l’atmosphère en mesurant la répartition de divers gaz et polluants : dioxyde d’azote, ozone, monoxyde de carbone, méthane, formaldéhyde et, bien sûr, dioxyde de soufre, qui est libéré par un volcan lorsque le magma est relativement proche de la surface.

Sulphur_dioxyde_concentrations_from_Mount_Etna_s_eruption_pillars

Le satellite orbite à 824 km d’altitude et réalise chaque jour une cartographie de la planète entière, fournissant des données en temps quasi réel. Dans le cas d’éruptions volcaniques, TROPOMI est capable de suivre les panaches de SO₂ pour suivre leur évolution et évaluer leurs effets potentiels sur la qualité de l’air et la sécurité du trafic aérien. L’image publiée par ADAM est basée précisément sur les données en temps quasi réel du satellite : les zones plus claires correspondent à des concentrations plus élevées de gaz volcanique, et on voit clairement comment le panache, transporté par les vents dominants, a parcouru des centaines de kilomètres au-delà de la Sicile jusqu’à atteindre Libye, Tunisie, Algérie et Égypte.

Que s’est-il passé lors de l’éruption de l’Etna : les bulletins de l’INGV

L’Etna est en fait l’un des volcans les plus actifs d’Europe, mais l’éruption qui a produit ce panache visible depuis l’espace a une histoire assez complexe. Tout a déjà commencé 22 juin 2026alors qu’un système de fractures avait commencé à se développer à la base nord-est du cratère Voragine. Le 26 juinprovenant d’un évent effusif qui s’est ouvert à environ 3030 mètres d’altitude, un coulée de lave qui se dirigeait vers la Valle del Leone.

L’activité effusive s’est poursuivie pendant des jours, alimentant un champ de lave pouvant atteindre 1 000 m de long. 1,2km avec un volume estimé à environ 260 000 mètres cubesavant de cesser le 4 juillet. Entre-temps, le cratère Voragine avait alimenté une activité strombolienne discontinue qui s’est progressivement intensifiée. Le tournant est arrivé dimanche 5 juillet: dès les petites heures du matin (vers 5h45 UTC, 07h45 en Italie), ils ont commencé émissions de cendres du cratère Voragine qui s’est rapidement intensifiée, générant une nuage éruptif d’environ 1,5 km de haut au-dessus du sommet du volcan.

L’activité explosive, devenue continue, a été alimentée par une nouvelle fissure éruptive le long de la crête du cratère, avec plusieurs évents alignés qui ont produit à la fois une activité strombolienne intense et une émission de cendres dirigées vers le sud, en direction de Catane. Les conséquences sur le territoire ont été immédiates : l’aéroport de Catane Fontanarossa a souffert la fermeture de l’espace aérien et des restrictions de vols, avec des centaines de vols détournés ou annulés.

À partir de l’après-midi de 6 juilletcomme le rapporte l’INGV (Institut National de Géophysique et Volcanologie), l’activité explosive et effusive a progressivement diminué, avec l’Observatoire de l’Etna que le 7 juillet à 16h01, a confirmé que l’activité éruptive avait considérablement diminué depuis le matin, la secousse volcanique tombant dans la fourchette basse. A 10h518 juilletune deuxième déclaration a officiellement déclaré la fin de l’activité éruptive au cratère Voragine : les caméras de surveillance ne montraient plus de signes d’incandescence ou d’anomalies thermiques au niveau des cratères sommitaux.