Cela peut paraître incroyable, mais c’est réellement arrivé : le président de la République Sergio Mattarella nous a accueillis au Quirinale. A l’occasion de 80 ans depuis l’Assemblée constituantequi surviennent précisément en cette année 2026, nous avons décidé de nous tourner vers la plus haute fonction de l’État pour réfléchir sur l’un des piliers de notre pays : leArticle 1 de la Constitution. Nous avons eu l’honneur de poser au Président une question directe, qui touche de près les nouvelles générations et notre façon d’appréhender la délicate question équilibre entre vie personnelle et professionnelle.
Article 1 de la Constitution italienne: L’Italie est une République démocratique, fondée sur le travail. La souveraineté appartient au peuple, qui l’exerce dans les formes et limites de la Constitution.
En ces quelques lignes, les pères fondateurs ont établi les valeurs fondamentales de notre société. Le travail comme moteur de la sociétéla Constitution place le travail comme un outil indispensable à l’épanouissement personnel. C’est par le travail que chacun de nous peut grandir, exprimer son talent et contribuer au progrès de toute la communauté. Les Constituants savaient bien combien de temps nous consacrons à notre profession et c’est pour cette raison qu’ils en ont fait le pilier fondateur de l’État.
Le deuxième paragraphe définit le principe démocratique par excellence : le le pouvoir appartient aux citoyens. La souveraineté, cependant, n’est pas absolue, mais doit évoluer dans les « limites de la Constitution ». Cela signifie que, dans une véritable démocratie, même une majorité absolue de citoyens ne pourrait pas décider de manière absurde d’abolir les impôts ou d’envahir un autre État, car il existe des droits, des devoirs et des contrepoids intouchables. D’ailleurs, nous n’exerçons presque jamais cette souveraineté directement, mais nous la confions à nos élus au Parlement.
En résumé, l’article 1 établit la « boussole » des valeurs générales. Et c’est justement à partir de cette vision du travail qu’est née notre candidature à la tête de l’Etat.
Bonjour Monsieur le Président, et tout d’abord merci beaucoup de nous recevoir. Permettez-moi de me présenter : je suis Maria Bosco, mathématicienne et communicatrice scientifique pour Geopop. La question que nous avons pensé vous poser est la suivante : comme nous le savons, l’article premier de notre Constitution nous dit que l’Italie est une République fondée sur le travail. Que répondriez-vous à un homme qui vous dirait « Je ne veux pas vivre pour travailler, je veux travailler pour vivre » ? Trouvez-vous cela comme une phrase en conflit avec l’article premier de notre Constitution ?
« Tout d’abord merci d’être là et pour ces demandes que vous me faites. Il n’y a pas de conflit, car l’article 1 n’invite pas les gens à vivre pour travailler. Au contraire : c’est la condition que la Constitution a supprimée et exclue, celle des classes sociales destinées à n’avoir que la tâche de travailler dur pour le bénéfice des autres, appelées à une vie privilégiée.
Le constituant qui a rédigé le texte définitif de cet article l’a ensuite exprimé efficacement. Avec ces mots : en disant que la République est fondée sur le travail, nous excluons la possibilité qu’elle puisse être fondée sur le privilège, sur la noblesse héréditaire, sur le travail acharné des autres. La Constitution indique que la République est fondée sur la dignité du travail, considéré comme facteur de libération, d’épanouissement personnel et de contribution à la vie commune.
Cependant, un nouveau risque apparaît aujourd’hui : celui de la création, à l’échelle mondiale, d’une société dans laquelle la richesse est concentrée entre quelques centaines de mains et, d’autre part, entre plusieurs millions de personnes qui dépendent des intérêts commerciaux de ces grandes entités financières. Une vision de société qui nierait la valeur libre et autonome du travail.
Le travail est un vecteur de bien-être qui inclut d’autres valeurs : l’affection, l’amitié, la culture, le sport, la socialisation, l’engagement social et politique, la protection et la promotion de la santé et de l’environnement. Il s’agit en réalité du tissu constitué par les règles que l’on lit dans les articles de la Constitution. C’est-à-dire le plein et libre épanouissement de la personne humaine. »
Entendre ces mots directement de la voix du Président de la République a été pour nous une émotion indescriptible, un moment qui restera à jamais gravé dans l’histoire de Geopop. Pour cela, nous souhaitons remercier le président Sergio Mattarella pour le temps qu’il nous consacre et pour son extraordinaire clarté. Merci également à tout le personnel du Quirinale, qui nous a accueillis et a rendu possible cette belle entreprise.