ce que nous savons sur Doolysaurus huhmini

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Une étude récente publiée dans la revue Archives de fossiles décrit une nouvelle espèce de dinosaure, Doolysaurus huhminiappartenant à la famille des thescelosauridés, récemment découvert à Corée du Sud et remontant à Crétacé inférieur. Le fossile a été trouvé dans Formation d’Ilseongsan (dans la partie sud-ouest du pays) et est daté d’une plage incluant il y a environ 113 à 94 millions d’annéesà la transition entre le Crétacé inférieur et supérieur. Le nom Doolysaure vient de Dooliprotagoniste d’un dessin animé célèbre en Corée du Sud, où aucune nouvelle espèce n’avait été découverte depuis 15 ans.

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La trouvaille se compose d’un squelette partiel bien conservé attribué à un individu juvénile (estimé entre 0 et 2 ans), avec taille globale comparable à celle d’une dinde. Malgré l’état incomplet et le jeune âge du spécimen, l’étude a permis de déduire informations anatomiques pertinentes grâce à l’utilisation de tomodensitométrie. Cette technique a permis d’analyser les structures internes non visible de l’extérieurnotamment des éléments du crâne et de la mâchoire, à travers la création de modèles numériques précis. L’analyse morphologique des os a permis d’attribuer le fossile à ornithischiensun grand groupe de dinosaures herbivores. Cependant, certaines caractéristiques observées suggèrent une position taxonomique pas complètement définie au sein du groupe ornistischien. En fait, les auteurs mettent en évidence une combinaison de traits qui ne permet pas une attribution précise à des clades déjà bien caractérisés, indiquant la possibilité que Doolysaurus huhmini représente un ligne évolutive distincteinconnu à ce jour.

Un élément important qui ressort de l’étude concerne la présence de gastrolithesou petits cailloux ingérés et stocké dans la région abdominale. Chez les vertébrés, les gastrolithes sont généralement associés à déchiquetage mécanique des aliments dans l’estomac. Leur présence dans ce spécimen suggère une adaptation digestive qui pourrait être compatible avec un alimentation majoritairement végétale (comme chez d’autres ornithischiens), mais n’exclut pas des comportements alimentaires plus variés.

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L’utilisation de la tomodensitométrie micro-informatique a joué un rôle central dans l’analyse. Le scan a permis identifier des détails anatomiques autrement inaccessibles sans endommager le fossile, démontrant l’utilité de cette approche dans l’étude de spécimens fragiles ou incomplets. La technique a notamment permis la reconstruction tridimensionnelle de parties du crâne et l’identification de gastrolithes. D’un point de vue scientifique, la découverte contribue à approfondir les connaissances sur la diversité des dinosaures au Crétacé inférieur de l’Asie de l’Est. Les fossiles de petits ornithischiens de cette région sont relativement rare et souvent fragmentaire ; par conséquent, même un seul échantillon bien analysé peut fournir informations pertinentes sur la composition des faunes locales.