Est-ce dangereux de dormir avec son téléphone portable sous son oreiller ? Ce que disent les études de l’OMS et de l’AIRC

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Dormez avec votre smartphone sous votre oreiller c’est une habitude fortement déconseillée, mais pas pour les raisons que certains craignent : sur la base des preuves scientifiques actuellement disponibles, il ne semble pas y avoir de aucune corrélation entre l’utilisation du téléphone portable et le risque de développer tumeurs cérébrales. C’est ce que des décennies d’études et une étude massive ont mis en évidence. 2024 menée par l’Agence australienne de protection contre les radiations et de sûreté nucléaire (ARPANSA) et commandée parOrganisation mondiale de la santé (OMS) : bien que l’utilisation de ces technologies ait augmenté, en réalité, il ne semble pas y avoir eu d’augmentation des cas de tumeurs cérébrales. Les craintes historiquement liées aux ondes radiofréquences se sont révélées infondées dans le domaine de l’oncologie. rayonnement non ionisantc’est-à-dire des énergies incapables de rompre les liaisons chimiques et donc de muter notre ADN.

Le véritable danger caché entre les draps est cependant, si le smartphone n’est pas réglé en mode avion ou en mode Ne pas déranger, la déficience chronique de notre cycle veille-sommeilégalement connu sous le nom de rythme circadien. Laisser l’appareil sous l’oreiller ou, en tout cas, près de notre lit, expose le cerveau à des stimuli ininterrompus : la réception de notifications et de vibrations nous maintient dans un état d’alerte constant, fragmentant le repos. Le résultat ? UN qualité du repos potentiellement compromisece qui se traduit inévitablement par du stress, des difficultés de concentration et de la fatigue au cours de nos journées.

Garder le smartphone sous l’oreiller, même en mode avion, est également à éviter en raison du risque possible de surchauffe de la batterie.

Les smartphones ne causent pas le cancer

LE’CIRCou leCentre international de recherche sur le cancer (à ne pas confondre avec la Fondation AIRC pour la recherche sur le cancer) a classé les ondes radiofréquences émis par les téléphones portables entre « cancérogènes possibles pour l’homme » (Le Groupe 2B), ce qui revient à dire que, contrairement au tabac et à l’alcool (substances classées comme certains cancérigènes, présentes dans le Groupe 1), à l’heure actuelle, il n’existe pas suffisamment de preuves démontrant que l’utilisation du téléphone portable puisse provoquer l’apparition de tumeurs chez l’homme. D’autres agences, comme celles des États-Unis EPA (Agence de protection de l’environnement) et NTP (Programme national de toxicologie), ils ont même choisi de ne classifiez pas les téléphones portables comme cancérogènes potentiels.

En effet, en passant en revue les données collectées par la communauté scientifique internationale, on constate que les enquêtes épidémiologiques n’ont jamais montré de relation de dose et effetsoit une augmentation des tumeurs proportionnelle à l’augmentation de l’usage du téléphone. Des études colossales comme celle Cohorte danoise ou la récente enquête australienne menée parARPANSA, n’a révélé aucune association entre l’exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence des téléphones portables et l’apparition, ou un risque accru, de tumeurs cérébrales (tumeurs cérébrales).

En effet, le seul effet physique réel que peuvent générer les fréquences des smartphones est un très léger échauffement superficiel des tissus s’ils sont en contact avec les téléphones portables. Pour protéger les consommateurs, les autorités ont imposé une limite stricte appelée SAR (Taux d’absorption spécifique), ce qu’on appelle ttaux d’absorption spécifiquequi mesure la quantité d’énergie absorbée par le corps humain, fixée en Europe à un maximum de 2 watts par kilogramme. Les modèles de smartphones actuellement sur le marché fonctionnent à des niveaux nettement inférieurs, émettant des énergies totalement impropres à provoquer des dommages biologiques pendant la veille nocturne.

Quelques bonnes raisons de ne pas dormir avec son téléphone portable sous son oreiller

Le centre du problème se déplace alors versimpact des téléphones portables sur le sommeil. La simple proximité d’une source inépuisable de interaction cela pourrait potentiellement nous empêcher de nous détendre complètement. Imaginez que vous dormez profondément et que vous entendez la sonnerie de votre téléphone portable : il est facile de supposer que la simple arrivée de notifications sonores et/ou de vibrations pourrait interrompre brusquement notre repos, en détériorant sa qualité.

Enfin, à l’impact neurologique s’ajoute un rare mais un risque physique documenté lié à surchauffe de piles au lithium. Si vous étouffez sous le poids de l’oreiller et ne parvenez pas à dissiper correctement la chaleur générée, ces composants électroniques peuvent théoriquement déclencher une combustion et provoquer de graves brûlures. C’est unévénement extrêmement rarerépétons-nous, mais potentiellement possible. Pour ces deux raisons, dormir avec son téléphone portable sous son oreiller n’est donc pas une bonne idée.