Via Modesta Valenti est l’adresse de résidence fictive établi par la municipalité de Rome pour permettre l’enregistrement au bureau d’état civil les sans-abri ou dans des conditions de grave précarité de logement. C’est une manière qui ça n’existe pas physiquementmais ce paradoxe n’est qu’apparent : cette adresse permet également à ceux qui n’habitent pas dans une maison d’obtenir un droit de résidence et donc d’accéder également droits fondamentaux tels que les soins de santé, les documents d’identité et les services sociaux.
En Italie, l’adresse de résidence est la clé pour accéder à de nombreux droits tels que :
- S’inscrire auprès du Service National de Santé (SSN) pour avoir un médecin généraliste
Sans résidence, seules les prestations de premiers secours sont garanties, mais pas l’assistance continue (médecin de famille, CSM, SERT, consultants). - Obtenir ou renouveler le carte d’identitéégalement indispensable pour ouvrir un compte courant et protéger son éventuelle épargne.
- Accédez auaide socialeet pouvoir bénéficier de primes et de subventions de l’État.
- Obtenez le pension et certaines autres prestations de sécurité sociale
- Exercer le droit de vote.
En d’autres termes, la résidence n’est pas seulement un détail bureaucratique, mais un outil d’inclusion sociale. En fait, cela ne signifie pas seulement recevoir du courrier, mais pouvoir exercer des droits constitutionnels. Au contraire, sans inscription, une personne risque de se retrouver coincée dans un véritable vide administratif.
L’Institut National de Statistique, avec la Circulaire no. 29 de 1992, établit que chaque bureau d’état civil doit également inscrire les personnes sans abri dans le registre de la population résidente. S’il n’y a pas de domicile stable, la Municipalité doit donc établir une rue fictive, valable uniquement aux fins d’enregistrement, qui permet l’accès aux droits liés au séjour.
Il existe par exemple à Rome depuis 2022 via Modesta Valentiune adresse virtuelle à la mémoire de Modesta Valenti, une femme âgée sans abri décédée en 1983 près de la gare Termini de Rome après qu’une ambulance ait refusé de l’aider en raison de ses conditions d’hygiène précaires. Donner son nom au domicile de la sans-abri était un geste symbolique et civil : transformer une histoire d’exclusion en un instrument de protection.
Sur le plan pratique, sur les documents des Romains auxquels cette adresse est attribuée, Via Modesta Valenti apparaîtra comme rue de résidence, tandis que le numéro de maison correspond à la Commune qui délivre l’enregistrement et le courrier pourra être récupéré au service post-détention dédié.
Mais qui peut s’inscrire dans la Via Modesta Valenti ?
Dans la Commune de Rome, l’inscription est prévue pour les personnes se trouvant dans des conditions socio-logement sévères :
- Les sans-abri « au sens propre » : ceux qui, par choix ou par travail, ne résident pas en permanence dans un lieu, comme les artistes itinérants, les artistes de cirque, les artisans itinérants et les vagabonds.
- Les gens dans précarité du logementcomme:
- Sans-abri: personnes vivant dans la rue, dans des hébergements de fortune ou utilisant des dortoirs et des abris de nuit.
- Sans-abri: hôtes des centres d’accueil pour personnes sans abri, femmes victimes de violences, migrants, etc.
- Hébergement dangereux: les personnes qui vivent dans des foyers où elles sont exposées à un risque de violence domestique, lorsque la situation est certifiée par les autorités judiciaires.
Mais Rome n’est pas un cas isolé. Ils sont implantés dans de nombreuses villes italiennes voies virtuelles pour permettre la résidence enregistrée aux sans-abri.
En mars 2019, la municipalité d’Alghero a également adopté une rue fictive portant le nom de Modesta Valenti, tandis que dans d’autres villes, le nom rappelle d’autres personnes liées à des histoires locales. Par exemple:
- À Bologne existe via Mariano Tuccelladédié à un sans-abri sauvagement battu par trois garçons alors qu’il dormait dans la rue de la capitale initiale et décédé en 2007 après quelques mois de coma.
- À Salerne Et Tour grecque nous trouvons via les amis de Jarekà la mémoire d’un gentil sans-abri polonais qui, en 2013, a subi une crise cardiaque soudaine alors qu’il quittait un refuge de nuit.
- À Pistoia a été établi via Remo Cerinipoète qui vécut longtemps sous les arcades de la ville.
- À Reggio de Calabre la résidence virtuelle est via Filemondu nom du premier enfant né à Casa Anawim (un appartement confisqué à la mafia qui abritait des victimes de violences)
D’autres Communes ont plutôt choisi des noms symboliques ou institutionnels comme « via del Comune », « via dell’Anagrafe », ou des noms évocateurs comme « via della Speranza », « via della Solidarietà », « via dell’Accoglienza » mais aussi « via delle Stelle », « Strada della Fantasia », « via della Fortuna », « via Sogni di Gianni Rodari n.1000 ».
Quel que soit le nom choisi, toutes ces rues qui n’existent pas sur la carte géographique montrent à quel pointadministration publique peut devenir un outil concret d’inclusion. Car sans adresse, vous risquez de perdre bien plus qu’une maison et une rue, même symboliques, qui peuvent faire la différence entre invisibilité et citoyenneté.