Le congé parental égal est-il réservé aux mères ?
Le projet de loi sur l’égalité du congé parental a été rejeté en raison du manque de couverture financière à la suite d’un rapport du Bureau national des comptes. La proposition, présentée par l’opposition, égalisait le congé parental entre le père et la mère, portant le congé paternel à 5 mois, contre les 10 jours honteux actuellement prévus.
Il s’agit donc apparemment d’un simple problème financier. Mais ce n’est pas la seule cause du rejet : l’opposition n’a pas eu le temps de corriger le texte, en raison d’un retard dans l’envoi du rapport technique par le Gouvernement. Toutefois, si le rapport avait été remis dans les délais, il aurait été possible d’intervenir sur la question de la couverture. Cependant, la majorité se déclare intéressée à discuter de ce sujet, considéré comme important car, selon les mots du ministre Calderone, il permet d’amener toujours plus de femmes au travail.
Et les hommes ?
La différence de traitement touche les deux sexes
Comme on le sait, la disproportion des congés est la conséquence d’une vision différente de la maternité et de la paternité, due à la conviction que le nouveau-né a avant tout besoin de la mère, tandis que le père, figure accessoire, doit jouer le rôle de garant de la sécurité économique. Cette disproportion produit simultanément deux effets négatifs, qui se reflètent l’un l’autre : la mère se retrouve seule au bout de quelques jours à gérer une situation complexe tant du point de vue émotionnel que pratique, risquant de graves conséquences sur son bien-être et sa santé mentale ; le père est privé de la possibilité de profiter de son fils et d’établir un lien avec lui dans les premiers mois de sa vie.
En outre, l’habitude des femmes d’abandonner leur carrière, et en partie aussi leur vie personnelle, se renforce, entretenant des inégalités également au niveau du travail : la femme abandonne sa carrière, tandis que l’homme ne le fait pas, la grossesse est donc considérée comme un handicap pour la femme. C’est donc une proposition qui peut être largement partagée, aussi bien par ceux qui sont orientés à gauche, qui veulent donc briser les stéréotypes, que par ceux qui sont de droite, particulièrement soucieux de la famille et aussi du rôle paternel.
Le rôle du père reste toujours subordonné
Cette dernière est pourtant constamment ignorée dans la communication politique et médiatique. L’égalité des congés est toujours présentée comme une réussite féminine, un outil permettant de parvenir à l’émancipation ; c’est-à-dire que l’égalité est considérée comme quelque chose qui aide les femmes à avoir les mêmes opportunités que les hommes. Mais l’égalité, impliquant deux pôles, doit être parallèle dans deux directions. Et l’un d’eux, enchaîné à l’autre, est le droit du père à être présent dans la vie de son fils, à ne pas être considéré comme inférieur. Pourquoi ne pas le dire également en ces termes ?
Il semble qu’on ne puisse parler d’égalité qu’à l’égard des femmes. Mais ce type de communication nuit aussi aux femmes elles-mêmes, dans la mesure où il continue de confirmer que, de toute façon, le père compte moins. Et si le père compte moins, la femme continue d’être associée avant tout à la parentalité : c’est la femme qui s’occupe des enfants, l’homme ne sait pas comment le faire – comme on le dit très souvent – et doit le faire davantage pour aider la femme que parce qu’il est parent autant qu’elle.
Est-il utile de présenter l’image de cette manière ?
D’un point de vue communicationnel, il serait donc bien plus efficace de mettre en avant l’égalité des droits et des devoirs des deux parents, sans mettre en avant le bénéfice qu’en retirerait l’un des deux. Aussi parce qu’un travail culturel doit se faire en parallèle du droit, pour éradiquer progressivement cette vision de la parentalité, encore fortement présente ; Même si de plus en plus de pères souhaitent et espèrent jouer un rôle central dans la vie de leurs enfants dès les premiers mois de leur vie, la tendance largement répandue à séparer clairement les rôles masculins et féminins demeure. Il est donc temps de commencer à présenter cette bataille d’une manière différente, en touchant également un nombre beaucoup plus élevé de citoyens.