Traverser Place Saint-Marc à Venise il est possible d’admirer la Basilique avec son célèbre Lion, le Palais des Doges, la Tour de l’Horloge et, face à l’eau… le dauphin Mimmo. C’est le surnom – avec « Nane » – qui a été donné à un spécimen solitaire de grand dauphin (Tursiops truncatus) qui a décidé de s’installer Lagune de Venise à partir de juin 2025. Avec son 2 mètres de longle jeune mâle a été repéré pour la première fois dans les eaux de Chioggia, puis s’est déplacé vers la zone la plus septentrionale de la lagune, poussé par la grande abondance de nourriture avec une salinité et des températures optimales. Depuis le premier rapport, le cétacé a été étroitement surveillé pour préserver sa santé.
Aussi fascinante que soit la présence d’un animal sauvage dans les eaux du bassin de Saint-Marc, cet événement ne doit pas se transformer en un simple « passe-temps » pour les touristes. Les risques liés au squeeze coexistence homme-dauphin en fait, ils sont nombreux. C’est pour cette raison que les chercheurs de l’équipe d’intervention d’urgence en cas d’échouage de cétacés (CERT) de l’université de Padoue et du musée d’histoire naturelle de Venise ont dressé une liste de règles et de conseils fondamentaux pour éviter de déranger « le dauphin de Venise », lui permettant ainsi de trouver son habitat idéal dans ces eaux très fréquentées. Dirigé par le pathologiste vétérinaire de l’Université de Padoue Guido Pietroluongol’équipe de scientifiques a également publié un article dans la revue scientifique Frontières en éthologiedans lequel ont été analysés les mouvements, les tentatives de prélèvement et les dangers concrets qui menacent quotidiennement le spécimen.
Parce que protéger Mimmo est difficile : les tentatives pour l’éloigner et la menace humaine
Historiquement, le nord de la mer Adriatique et la lagune de Venise elle-même abritaient d’abondantes populations de deux espèces : dauphin commun (Delphinus delphis) et le grand dauphin (Tursiops truncatus). Malheureusement, à cause des massacres massifs, les populations méditerranéennes ont été décimées. En conséquence, le dauphin commun a presque complètement disparu de l’Adriatique entre les années 1980 et 1990 et ne s’est jamais rétabli. Contrairement au dauphin commun, le grand dauphin a réussi à survivre dans cet environnement de plus en plus dégradé. C’est en fait une espèce très résilient et opportunistedont la survie a probablement été facilitée par moins de prédateurs (comme les requins) et moins de compétition pour la nourriture. Cette espèce, qui vit généralement en bancs comptant jusqu’à 15 individus, habite souvent les zones côtières et se nourrit principalement de poissons et de céphalopodes. C’est une espèce présente en Méditerranée qui peuple les côtes de Sicile avec de nombreuses observations sur les îles Éoliennes, à Lampedusa et dans le détroit de Messine.
Pour protéger Mimmo des dangers du trafic vénitien, les experts ont évalué quelques options d’intervention, arrivant toutefois à la conclusion que le problème à gérer n’est pas tant le dauphin, mais l’être humain et l’éducation des personnes. Le options de suppression forcée ils ont en fait été écartés pour des raisons bien précises : les risques liés à un éventuel transfert et l’inefficacité des méthodes utilisées.
L’idée de capturer Mimmo pour le transporter physiquement au large a été rejetée car trop dangereuse. Le stress psychophysique de la capture aurait pu déclencher ce qu’on appelle capturer la myopathieun syndrome potentiellement mortel qui provoque un choc et des lésions musculaires. Même des tentatives pour le repousser de manière « douce » en utilisant des dieux dissuasifs acoustiques ils ont échoué. Le cétacé s’est simplement éloigné pendant une courte période puis est revenu dans le bassin de San Marco.
La vidéo CERT ci-dessous explique comment l’animal est surveillé.
Le dauphin est un hôte précieux dans notre lagon. L’observer est un privilège, le protéger est un devoir !
Les règles pour vivre respectueusement avec les grand dauphin dans le lagon
Le CERT a dressé une liste de règles fondamentales pour protéger ce spécimen, appartenant à une espèce déjà rigoureusement protégée par des réglementations nationales et internationales que les citoyens et les autorités sont tenus de respecter. Puisque sa présence dans le bassin de San Marco attire touristes et médiasMalheureusement, plusieurs violations du code de conduite ont été signalées par des personnes essayant d’attirer l’attention du dauphin, par exemple en organisant des visites guidées, en tentant de le toucher ou en s’approchant trop près pour prendre des photos.
Voici les règles à suivre en cas d’observation :
- Gardez une distance de sécurité d’au moins 50 mètres.
- Respecter les limites de vitesse et évitez d’accélérer, de changer brusquement de direction ou de passer la marche arrière. Mimmo, malheureusement, présente déjà des lésions sur sa nageoire dorsale, probablement dues à un contact accidentel avec une hélice.
- Ne proposez pas de nourriture et ne jetez pas d’objets à la mer : nourrir un animal sauvage, qu’il s’agisse d’un pigeon ou d’un cétacé, est interdit par la loi.
- N’attire pas l’attention du dauphin crier, faire du bruit ou cogner des objets contre la coque du bateau.
- Ne t’approche pas et ne tentez aucun type de contact physique ou d’interaction directe.
Toutes ces activités anthropiques risquent d’altérer le comportement naturel du grand dauphin, de perturber son repos et ses parties de chasse, ainsi que d’interférer avec ses délicats systèmes d’écholocation.