Le baiser est l’un des des gestes plus intimes et plus répandus dans l’imaginaire collectif, mais au-delà des frontières de la culture européenne, ce n’est pas du tout universel: toutes les populations du monde ne le pratiquent pas, et cela n’a pas toujours la même signification. Dans Sociétés occidentalesest un symbole de Amour, passion Et proximité. Cela pourrait provenir d’anciennes pratiques alimentaires : les mères préhistoriques transmettaient bouche à bouche des aliments mâchés à leurs enfants, renforçant ainsi le lien émotionnel. Au fil du temps, dans de nombreuses cultures, le baiser est devenu geste d’amour et de désirégalement lié aux réactions neurochimiques de plaisir et d’attachement. Aujourd’hui, il est représenté dans l’art, célébré dans la littérature et mis en scène au cinéma comme le summum du romantisme.
Une question culturelle ou pas : pourquoi on s’embrasse et depuis quand ?
Les études anthropologiques et ethnographiques montrent qu’environ la moitié des cultures actuellement connues ne pratique pas les baisers romantiques. Dans certaines communautés autochtones d’Afrique, d’Amazonie et de Papa-Nouvelle-Guinée, le baiser ne fait pas partie des rituels de parade nuptiale ou de la vie de couple. Pour de nombreuses populations, l’idée de joindre les lèvres est même perçue comme pratique étrange ou peu attrayante. Dans ces sociétés, l’intimité s’exprime autrement : par le contact physique, l’échange de regards, le soin des autres ou le partage de nourriture. L’absence du baiser n’implique donc pas un moindre degré d’affection, mais une manière différente de concevoir et de communiquer les émotions.
Les scientifiques se demandent depuis longtemps si le baiser a des racines biologiques ou s’il s’agit d’une invention culturelle. Certains pensent que cela dérive de anciennes pratiques alimentaires: Les mères préhistoriques auraient mâché leur nourriture puis la passaient bouche à bouche à leurs jeunes enfants, un geste qui renforçait le lien affectif. D’autres chercheurs soulignent plutôt comment les baisers activent les mécanismes neurochimiques qui augmentent le désir et l’attachement : lors d’un baiser, en effet, le cerveau libère de l’ocytocine, de la dopamine et de la sérotonine, des hormones liées au plaisir et à l’empathie.
Ces effets physiologiques pourraient expliquer pourquoi le baiser est devenu ancré dans de nombreuses cultures, mais ils ne suffisent pas à le rendre universel. Son la présence ou l’absence dépend de facteurs sociaux, symboliques et culturels.
La signification du baiser et autres gestes d’affection
Le baiser ce n’est pas un comportement universel: c’est plutôt l’une des nombreuses façons dont les gens construisent des liens, communiquent de l’affection et du désir. Certains le vivent comme un rituel essentiel de l’amour, d’autres le remplacent par d’autres gestes d’affection.
Les anthropologues ont rassemblé des exemples qui montrent à quel point Les façons d’exprimer son affection peuvent être variées et créatives. Entre le Avant de la Pape Nouvelle-Guinéeles partenaires se frottent les narines dans un geste qui a pour eux la même intensité qu’un baiser. Dans la tradition Inuitscependant, il existe ce qu’on appelle Kunik: non pas un baiser avec les lèvres, mais un délicat frottement du nez et de la partie supérieure de la lèvre sur celle du partenaire, souvent accompagné d’une respiration chaude.

Dans certaines populations deInde tribalel’échange d’amour passe par l’odorat : se sentir le visage ou les cheveux est considéré comme plus intime que joindre les lèvres.
Pourtant, on a observé que même dans le monde animal, il existe des comportements similaires à celui du baiser : le singes bonobos ils s’embrassent sur la bouche en signe de réconciliation et d’affection, montrant leur ressemblance avec les êtres humains.

Neurochimie et anthropologie de l’intimité dans le dialogue
Ces dernières années, le neurosciences el’anthropologie biologique ils ont combiné leurs études et contribué à susciter le débat, analysant notamment les rrôle des hormones impliquées dans le baiser.
Des études expérimentales ont montré que lors d’un baiser, je niveaux d’oxyticinesouvent appelée hormone de l’attachement, avec dopamine et sérotoninesubstances associées à plaisir, confiance et régulation de l’humeur.
L’anthropologue Floyd et collègues (2015), tout en soulignant que Le baiser romantique n’est pas universelsoulignent comment dans les sociétés dans lesquelles il est présent, il joue un rôle dans le renforcement du lien de couple. De même, le savant Hélène Fisherdans le cadre de théorie de l’amour romantique en tant que système neurobiologiqueinterprète le baiser comme l’un des comportements qui activent les circuits d’attachement et de sélection du partenaire.
Toutefois, les chercheurs soulignent que ces mécanismes chimiques ne déterminent pas automatiquement les pratiques culturelles : biologie fournit une base pour la réponse corporelle, mais c’est le culture pour déterminer quels gestes sont codés comme intimes, appropriés ou souhaitables.
Sources
Jankowiak WR, Volsche SL et Garcia JR (2015). « Le baiser romantique et sexuel est-il un universel quasi humain ?
Arbøll TP et Rasmussen SL (2023). « L’histoire ancienne du baiser »
Lameira AR (2024). « L’origine évolutive du baiser humain »