Nous avons été invités parAgence spatiale européenne pour essayer un des vols paraboliques ZÉRO G sur la base de Espace neuf près de Bordeaux, en France. Le vol s’effectue avec un avion Airbus A310 régi par trois pilotes – un pour chaque axe – et se compose de 31 paraboles au cours d’environ trois heures au cours desquelles des moments de « gravité normale » alternent avec des phases de hypergravité (les moments initiaux et finaux des paraboles) dans lesquels elles sont vécues 1,8g et de microgravitéc’est-à-dire ce qu’on appelle « zéro g » dans lequel vous faites l’expérience de l’apesanteur apparente et flottez comme des astronautes dans la Station spatiale internationale.
Dans la vidéo ci-jointe, vous pourrez tout apprendre sur l’expérience – folle – de voler en zéro g mais aussi sur objectif scientifique de ces vols.
Comment se déroule la parabole d’un vol ZERO G
Au cours du vol de trois heures, vous expérimentez environ 10 minutes au total d’apesanteur apparente distribué en 31 paraboles. Chaque parabole comporte trois phases :
- Hypergravité (1,8g) : L’avion est initialement situé à 6000 mètres d’altitude et se déroule horizontalement. La parabole commence par une accélération vers le haut qui fait monter l’avion jusqu’à ce qu’il atteigne un angle de 50° à 7500 mètres d’altitude. Cette accélération avec des moteurs pleins dure environ 25 secondes et provoque une augmentation apparente du poids du80%égal à une gravité perçue de 1,8g.
- Microgravité (zéro g) : À 7500 mètres les moteurs sont coupés et l’avion continue de monter mais sans poussée. C’est là que ça commence zéro g réel, c’est-à-dire l’absence apparente de poids, qui dure 22 secondes. C’est le « dôme » de la parabole, qui atteint le 8500 mètres d’altitude et dans lequel l’avion a une trajectoire parfaitement balistique qui dans la première moitié est ascendante et dans la seconde moitié est descendante chute libre avec le « museau » tourné vers le bas. C’est ici ça fluctue: l’avion et tout ce qui se trouve à l’intérieur, y compris les personnes à bord, tombent tous avec la même accélération, éliminant ainsi la sensation de poids.
- Deuxième hypergravité : L’avion, à la fin de la chute libre, atteint moi 42° d’inclination à 7500 mètres d’altitude au redémarrage des moteurs pour revenir à l’assiette horizontale a 6000 mètres d’altitude. En attendant, l’accélération provoque une autre phase d’hypergravité avec une augmentation apparente du poids. 1,8g.

Ces manœuvres ne sont pas gérées par ordinateur mais effectuées de manière entièrement manuelle par trois pilotes spécialement formés : l’un règle le pousserun autre leaxe de roulis et un autre leaxe de tangage. C’est parce que l’avion est mécanique et non électronique. Cela permet d’effectuer des vols paraboliques sans les coûts astronomiques et les contraintes de recyclage bureaucratiques qu’entraîneraient un avion moderne. Tout arrive de toute façon en toute sécurité.
L’utilité scientifique du vol parabolique : expérimentations embarquées
Ces vols ne sont pas une balade pour s’amuser : ils servent à accomplir expériences scientifiques utile pour les sciences des matériaux, la physiologie humaine et l’exploration spatiale. En effet, la microgravité permet d’étudier des phénomènes physiques ou biologiques particuliers qui sont « perturbés » par la gravité naturelle de la Terre. Ces vols sont également destinés former les futurs astronautes d’effectuer des opérations en apesanteur apparente.
Sur le vol auquel nous avons participé, par exemple, il y avait des dizaines de personnes à bord occupées à faire des choses 10 expériences qui allaient de l’expérimentation de nouvelles techniques d’anesthésie au développement de combinaisons spatiales innovantes.