Passer près d’une journée entière dans les airs, sans escale, sur des milliers de kilomètres… Non, ce n’est pas un scénario de science-fiction, mais bien la nouvelle (très) longue odyssée aérienne qui se profile. Avec le premier A350-1000ULR, Airbus et Qantas réinventent le voyage ultra long-courrier. Prêts pour le décollage ?
L’A350-1000ULR : la naissance d’un géant de l’endurance
Sous les hangars d’Airbus à Toulouse, c’est un oiseau de fer d’un genre inédit qui prend doucement son envol. Ce premier exemplaire de l’A350-1000ULR (Ultra Long Range, pour les intimes) est promis à la flotte de la compagnie australienne Qantas. Son objectif est simple : relier, sans transiter par la case escale, l’Australie à des mégalopoles comme New York ou Londres. On parle ici de trajets de près de 18.000 kilomètres et d’une autonomie d’environ 22 heures. Oui, vous avez bien lu : 22 heures à regarder des nuages… et quelques films, tout de même.
Ingénierie extrême : carburant XXL et confort repensé
Ce nouvel appareil repose sur la base de l’A350-1000 classique, mais il ne s’agit pas d’un simple copier-coller avec plus de coussins. Pour tenir la durée, Airbus a ajouté un réservoir central arrière d’une capacité accrue de 20.000 litres – assez pour vous emmener à l’autre bout du monde sans lever un sourcil d’inquiétude côté carburant. À cela s’ajoutent des systèmes de bord optimisés et une aérodynamique revue, spécialement taillée pour ces marathons aériens. Grâce à tout cela, la bête promet d’atteindre une vitesse de croisière de 900 km/h tout en gardant un œil attentif sur la consommation.
Forcément, tout cet espace et le volume supplémentaire de carburant se payent : la capacité descend à 238 sièges (contre plus de 300 sur la version standard). Un mal pour un bien : qui oserait refuser un peu de place pour s’étirer en vol, surtout quand la durée flirte avec le tour du cadran ?
Cabine bien-être : tout sauf une cage à sardines
Si l’idée d’enchaîner 22 heures dans une capsule volante vous donne des sueurs froides, pas de panique : Qantas et Airbus mettent le paquet sur le confort. Pour concevoir le parfait habitat de l’ultra long-courrier, ils ont fait appel à des chercheurs du Charles Perkins Centre de l’Université de Sydney et au designer industriel David Caon. Leur mission : adapter la cabine aux contraintes (assez extrêmes) d’un vol qui dure l’équivalent d’une bonne journée de travail… ou d’un binge-watching de série.
- Une zone bien-être, la Wellbeing Zone, située entre les classes Premium Éco et Éco
- Des poignées pour s’étirer (idéal pour éviter la transformation en statue), mais aussi un point d’hydratation et des collations légères
- Des programmes d’exercices guidés sur écran
L’objectif est clair : combattre la sensation de confinement et les désagréments du décalage horaire. Les cycles lumineux et les repas sont programmés pour accompagner le rythme biologique des passagers, histoire de ne pas arriver à destination avec l’impression d’avoir traversé huit fuseaux horaires… à reculons.
Cap sur 2027 : l’ère du vol direct, confortable et sobre ?
Mécaniquement, les grandes sections du fuselage sont déjà assemblées. L’installation des moteurs et des instruments de test est prévue dans les prochains mois. La phase des essais en vol devrait commencer en 2026, avant une livraison attendue à la fin de l’année suivante.
Qantas prévoit de mettre en service douze appareils de ce type pour ce qu’elle a joliment baptisé le Project Sunrise, ses liaisons directes entre Sydney, Melbourne ou Brisbane et Londres et New York. Premier vol commercial prévu dès le premier semestre 2027. Bien au-delà d’un défi logistique ou d’un record pour le Guinness, l’avènement de ces ultra long-courriers traduit une évolution majeure de l’aérien : répondre à la demande de voyages directs, plus sobres et surtout, plus confortables que jamais.
À toutes celles et ceux qui rêvent d’un Paris-Auckland sans le redoutable « désolé, votre correspondance est annulée » – tenez-vous prêts : la révolution dans le ciel ne fait que commencer !