L’histoire vraie d’Aileen Wuornos, protagoniste de « Aileen : Story of a Serial Killer » sur Netflix

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’histoire d’Aileen Wuornos cache l’une des pages les plus complexes et les plus inquiétantes de l’actualité américaine. Prostituée, vagabonde, victime et bourreau à la fois, son histoire a traversé des décennies de débats et d’interprétations. Après avoir inspiré le film « Monster » (2003) – avec Charlize Theron, oscarisée pour sa performance -, sa vie revient désormais sur Netflix dans le docufilm « Aileen : l’histoire d’une tueuse en série ». Cette fois, la voix narrative n’est pas celle du cinéma, mais la sienne : à travers des interviews inédites, des documents d’archives et des témoignages directs, le documentaire redonne à Aileen le pouvoir de raconter son histoire et, peut-être, d’expliquer pourquoi sa vie est tombée si bas.

Aileen Wuornos : l’histoire vraie

Aileen Carol Wuornos est née le 29 février 1956 à Rochester, Michigan, dans une famille déjà brisée. Son père Leo Pittman, un agresseur d’enfants souffrant de graves troubles psychiatriques, s’est suicidé en prison. Sa mère Diane a abandonné Aileen et son frère Keith alors qu’ils étaient encore enfants et les deux ont été adoptés par leurs grands-parents, mais le nouveau foyer n’offrait aucun salut : son grand-père, selon le récit d’Aileen, l’agressait régulièrement, tandis que sa grand-mère était alcoolique. À douze ans, la jeune fille vivait déjà avec intelligence, vendant de petites faveurs sexuelles en échange de cigarettes ou de nourriture. À quinze ans, elle tomba enceinte et donna naissance à un fils dans une maternité de Détroit, le fils – on le soupçonnait – de son frère lui-même. De là, la descente fut rapide : expulsée de l’école, elle devint une vagabonde survivant de la prostitution, du vol et des petits délits qui la conduisirent souvent en prison. Dans les années 70 et 80, elle a été arrêtée à plusieurs reprises pour vols, escroqueries et agressions. Mais c’est en Floride qu’il trouve le décor définitif de son drame. Il y rencontre Tyria Moore, une serveuse de l’Ohio avec qui il noue une relation profonde et tourmentée. La Tyrie est devenue la seule affection stable dans sa vie, la seule personne en qui Aileen avait vraiment confiance.

Entre 1989 et 1990, Wuornos a tué au moins sept hommes, presque tous trouvés dans des zones isolées du nord et du centre de la Floride. La première victime, Richard Mallory, un électricien de 51 ans, a été retrouvée avec trois blessures par balle à la poitrine. Les autres se succèdent dans une séquence de violence de plus en plus désordonnée, avec un rituel qui semble se répéter : la rencontre fortuite, l’acte sexuel, puis la fusillade. Lors de son arrestation, la femme a avoué six meurtres, mais a affirmé qu’elle avait agi en état de légitime défense, affirmant que tous les hommes avaient tenté de la violer. Ce n’est que des années plus tard qu’on a découvert que Mallory avait purgé une peine pour agression sexuelle, un détail qui a rendu son histoire plus crédible (au moins en partie). Durant le procès, le public a vu une femme en colère, instable, coincée entre le désir de justice et la haine du monde. Condamnée à mort par injection létale en 1992, elle a passé dix ans dans le couloir de la mort, gardant jusqu’au bout la conviction qu’elle avait été une victime plutôt qu’une meurtrière. Il est décédé le 9 octobre 2002 à la prison de Starke, en Floride.

« Aileen : Histoire d’un tueur en série » : à sa sortie sur Netflix

« Aileen : L’histoire d’un tueur en série » fait ses débuts dans le monde entier sur Netflix le jeudi 30 octobre.

« Aileen : histoire d’une tueuse en série » : la bande-annonce italienne

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