Une fin aussi parfaite ne se produira plus
Certains jeux n’appartiennent pas uniquement au tableau de bord, aux chiffres, aux décors gagnés ou perdus. Certains restent comme des chiffres dans la mémoire collective, car ils en disent beaucoup plus que ce qui se passe sur un champ. La finale mondiale gagnée par l’Italie contre la Bulgarie en fait partie. Ce n’était pas seulement une victoire claire – trois entretiens de quatre maîtres avec le naturel de ceux qui ont une pleine conscience de leur force – mais une affirmation de style, d’identité, d’appartenance. Depuis le premier ballon, l’Italie a imposé son rythme, comme un orchestre qui accepte les outils et ne manque pas de note. La Bulgarie a essayé de résister, de forcer, de saisir des points avec fierté. Mais l’impression était claire: il n’y avait pas de place pour un renversement.
Un entraîneur silencieux
Les Blues ont tenu le terrain avec le calme de ceux qui connaissent ce temps, et avec le résultat, sont de leur côté. Au centre de cette histoire se trouve Fefè de Giorgi, un entraîneur silencieux, presque invisible. Il n’élève pas la voix, il ne cherche pas la caméra. Pourtant, son empreinte est partout. Il a façonné un groupe qui vit du principe du sport le plus ancien et le plus moderne: la responsabilité partagée. « Avec le talent, nous gagnons les matchs, mais c’est avec le travail d’équipe et l’intelligence que les championnats sont gagnés », a déclaré Michael Jordan: De Giorgi le sait, et pour cela, son Italie est une équipe avant la somme des individus. De Giorgi vient de la tradition qui avait son prophète à Julio Velasco. Velasco qui a enseigné qu’il n’y a pas de phénomènes et d’acteurs de soutien, mais uniquement des rôles terminés. De Giorgi a pris cette leçon et l’a rendu encore plus sobre, plus adhérent au caractère de cette génération: moins de proclamations, plus de substance.
Giannelli le symbole
Et puis il y a lui, le symbole: Simone Giannelli. Plentant, capitaine, poète silencieux. Ses surélevés sont comme des phrases parfaites et calibrées, dans lesquelles le rythme et la surprise coexistent. Giannelli a guidé ses compagnons avec une lucidité qui a quelque chose de naturel: ne jamais forcer, lire le terrain avec l’œil de ceux qui voient un deuxième attaquant. C’est le métronome, mais aussi l’inventeur: ses balles sont rationnelles et pourtant capables de déranger la logique. Dans cette finale, plus que toute autre chose, Giannelli semblait incarner une partie du pays: jeune, intelligent, sobre et, en même temps, capable d’étonner. Autour de lui, le chœur: Michieletto avec sa puissance et sa joueur, Bottot constant et lucide, incisif Roman dans les moments décisifs. Et puis les plantes, qui ont fait du mur un geste esthétique et technique, et la défense, qui n’a pas laissé tomber une balle sans se battre. Chaque rôle, chaque fonction, a trouvé sa place dans une géométrie qui n’a jamais grincé. La Bulgarie, une équipe fière, a tenté de résister. Mais il était piégé dans le design italien. Lorsqu’un adversaire perd clairement le risque est de la frustration, même de l’humiliation. Au lieu de cela: sous le filet, à la fin du match, il y a eu de la place pour un geste de jeu équitable qui restera plus que le score dans les yeux. Un regard, un câlin, une caresse. Comme si la victoire, pour être vraie, devait également inclure l’autre, ne le supprimez pas. À cet instant, l’Italie a montré non seulement la force technique mais aussi la force morale: gagner sans piétiner.
Dominer sans crier
Aujourd’hui, le volleyball italien est le suivant: la capacité de dominer sans crier, d’être grand sans géant sur les autres. C’est l’inverse du football italien, miroir souvent déformé d’individualismes et de scandales. Ici, il y a une discipline invisible, faite d’heures de travail dans les gymnases provinciaux, d’entraîneurs qui n’apparaissent pas, de garçons qui deviennent des hommes en silence. Italo Calvino a écrit: « Prendre la vie à la légère n’est pas une superficialité, mais glisser sur les choses d’en haut. » L’Italie du volleyball plana comme ceci: légère et précise, sans le poids de la rhétorique, avec la grâce de ceux qui ont tellement travaillé et n’ont plus besoin de le prouver avec des mots. Et comment pouvons-nous oublier, en ce moment, les femmes: l’équipe nationale féminine de Julio Velasco, qui a collecté le même héritage et l’a transformé à l’avenir. Il est rare, dans le sport italien, de voir la marche masculine et féminine parallèle à une dignité et une force égales. En volleyball, cela se produit, et c’est peut-être la leçon la plus politique de tous: le mérite ne connaît pas les hiérarchies de genre. Pour cette raison, la victoire sur la Bulgarie n’était pas seulement une finale gagnée.
C’était une déclaration d’identité: l’Italie qui sait être ensemble, qui ne confonde pas l’adversaire avec l’ennemi, qui reconnaît en travail commun la véritable forme de taille. Un jeu qui ressemble à un roman choral: le protagoniste pas un seul, mais un pays qui, pour une fois, s’est reconnu dans un groupe qui fonctionne. Comme l’a écrit Pasolini del Calcio: « C’est la dernière représentation sacrée de notre temps ». Mais cette fois, le caractère sacré est passé d’un autre champ: du jeu équitable sous le filet à la «direction» de Giannelli, aux sourires de Giorgi. Un caractère sacré qui parle de Pietas et d’harmonie. Et c’est peut-être la vraie victoire: avoir montré au monde que l’Italie peut être formidable non seulement lorsqu’elle gagne, mais surtout pour la façon dont elle gagne.