Qu’est-ce que la noturiphobie et parce que nous avons peur de ne pas voyager assez

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Noturiphobie C’est un terme qui est apparu ces dernières années sur les réseaux sociaux et les communautés en ligne, pour décrire un sentiment croissant et répandu La peur ou l’anxiété de ne pas pouvoir voyager « assez » ou « comme les autres ». D’un point de vue sociologique, ce n’est pas une phobie cliniquement reconnue, mais un construction culturelle qui intercepte une tension existentielle du contemporain. Dans un moment historique où le voyage a été transformé en Identité, performance et expérience partageablela noturiphobie se présente comme une seule fois réponse anxieuse à la pression symbolique et sociale de la mobilité. Derrière cette peur, il n’y a pas seulement le désir d’évasion ou de loisirs, mais le sentiment profond d’être exclu d’un horizon de valeur et de reconnaissancede plus en plus lié au déménagement, à l’exploration, à la documentation.

Quel est le nottriphobie: le voyage en tant que capital entre la mobilité et le privilège

Dans notre imagination collective, le voyage est souvent vécu comme choix individuel et un droit universelune activité à portée de main. Cependant, cette représentation risque cacher les inégalités structurelles qui déterminent un réel accès à la mobilité: les voyages nécessitent Ressources économiques, temps libre, sécurité, documents, réseau socialconditions non réparties également dans la population. Là Noturiphobie C’est le terme social pour décrire le Peur de ne pas voyager assez ou de ne pas le faire comme les autres le font. Reflète le pression sociale pour voyager comme expérience d’identité et à partager, typique de notre temps.

Selon Urry – « La mobilité est devenue la norme et l’immobilité de la stigmatisation » (Sheller et Urry, 2006) – le voyage n’est pas seulement un changement physique, mais aussi un moyen de distinguer, montrer leur statut Et accumuler la valeur socialetout comme cela se produit avec d’autres biens symboliques. Dans cette perspective, nous parlons de La mobilité en tant que capital symbolique et social: Voyager, en particulier vers les destinations «exotiques» ou culturellement reconnues, augmente le prestige personnel. Cependant, Tous les voyages n’ont pas le même poids social: la valeur symbolique dépend de où vous allez, Comment voyager Et Ce qui est raconté de l’expérience; Le voyage devient donc un moyen pour exprimer son identité, Différencier des autres Et communiquer un « style » spécifique, conformément à ce que Bourdieu (1984) a déclaré.

Dans ce contexte, le Noturiphobie il peut être lu comme Une dissonance entre les attentes culturelles et les possibilités matériellesa vécu avec frustration par ceux qui se perçoivent exclus d’une idée souhaitable de la vie.

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Capitalisme expérientiel et performance d’identité

Surtout jusqu’au milieu des années 1900, voyager a été une expérience limité à quelques-uns: était lié aux besoins de travail, aux chemins migrateurs ou au tourisme d’élite. Il n’y avait pas de récit collectif du voyage comme réalisation personnelle. Avec la transformation de la société de consommation en capitalisme expérientiel (Pine & Gilmore, 1999), et plus tard dans capitalisme affectif (Illouz, 2007), le voyage a changé de sens. Nous ne voyageons plus pour «posséder des lieux», mais pour nous sentir transformés, régénérés, améliorés. Dans cette perspective, le voyage se transforme en un vrai producteur émotionnel: doit susciter des sensations authentiques, profondes et mémorables. En même temps, il devient un forme d’investissement d’identité (Nous commençons « à vous retrouver », « pour vous reconnecter avec la nature ») et un contenu narrablepour photographier, partager et consommer socialement. Ceux qui ne voyagent pas ou ne peuvent pas le faire risquent de se sentir exclu de cette construction de sens et de valeur. Le Noturiphobia est né ici: quand il intériorise l’idée que seuls ceux qui se déplacent ont une identité intéressante et reconnue, tandis que ceux qui restent fermement finissent par apparaître hors du temps, non pertinent, invisible.

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Voyage à voir: Instagram comme dispositif de distinction

LE réseaux sociaux Avec leur culture visuelle, ils sont un point d’observation privilégié (et la reproduction de ce mécanisme). Sur des plates-formes comme Instagram, le voyage est pris en charge, esthététisée, montée sous forme narrativese transformant en une vitrine de soi.

En ce sens, le voyage n’est plus seulement une expérience à vivre, mais devient une performance publique: « Je vois, donc j’existe ». Ceux qui ne quittent pas non seulement se privent d’expériences, mais risquent mais risquent disparaître socialement: n’entre pas dans les histoires, n’apparaît pas dans les flux, ne participe pas à la conversation culturelle. Quand ils disent que « La mobilité a été moralisée »nous voulons dire ceci: les voyages sont devenus Un mètre pour mesurer la valeur humaine et sociale. Ce n’est plus une simple liberté de choix, mais un devoir implicite, un impératif. L’immobilité, au contraire, est perçue comme Échec, apathie, marginalité.

Le soi comme performance: subjectivité et pression à la visibilité

Le noturiphobia s’inscrit dans un paradigme plus large: celui de subjectivité performative et visible. Comme l’a expliqué Erving Goffman (1959), dans la vie quotidienne, nous récitons tous des rôles sociaux, tout comme les acteurs sur une scène; Mais s’il y avait une fois des moments de rupture de la scène, aujourd’hui La performance est continue, publique, incessante. Dans ce scénario, le Journey devient l’une des étapes principales sur lequel organiser son existence. Ainsi est né un paradoxe d’identité: On nous demande d’être unique, original, pour nous distinguer, mais en même temps nous recherchons légitimité et appartenanceimitant les uns les autres, partageant les mêmes endroits, les mêmes histoires, les mêmes photos. Byung-chul Han (2012) a défini tout cela comme La Société de transparence: un monde dans lequel Montrer est obligatoire Et dans lequel l’opacité, le silence, l’absence deviennent suspects, presque coupables.

Dans cette perspective, le Noturiphobie Ce n’est pas une peur non motivéemais le symptôme cohérent d’un système qui récompense la visibilité Et les pénalités pénalisent l’invisibilité. Ne partez pas aujourd’hui équivaut à n’existe pas dans l’histoire collective de la réalisation personnelle.

Bibliographie

Bauman, Z. (1998). Mondialisation. Les conséquences sur les gens. Laterza.

Bourdieu, P. (1984). La distinction. Critique sociale du goût. Le moulin.

Goffman, E. (1959). La présentation de soi dans la vie quotidienne. Livres d’ancrage.

Han, B.-C. (2012). L’entreprise de transparence. Nuit.

Illouz, E. (2007). Intimité froide: la fabrication du capitalisme émotionnel. POLITE PRESSE.

Pine, BJ et Gilmore, JH (1999). L’économie de l’expérience: le travail est le théâtre et chaque entreprise une scène. Harvard Business Press.

Sheller, M. et Urry, J. (2006). Le nouveau paradigme des mobilités. Environnement et planification A, 38 (2), 207–226.

Urry, J. (2000). Sociologie au-delà des sociétés: mobilités pour le XXIe siècle. RoudLegge.