Elle est en cours à Bakou, en Azerbaïdjan, COP29la 29e Conférence des Parties des Nations Unies sur la gestion de la crise climatique. Le sommet international, qui s’articule cette année autour des nouveaux objectifs de financement climatiquea reçu l’exhortation des dirigeants de G20 de Rio de Janeiro – demandé par le ministre de l’Écologie de l’Azerbaïdjan Moukhtav Babaïev – trouver un accord sur les fonds climatiques pour les pays en développement.
La dernière COP, qui s’est tenue l’année dernière à Dubaï, malgré les doutes initiaux, s’est terminée par un engagement concret en faveur de l’arrêt des combustibles fossiles. La COP29 expérimente actuellement à la place des difficultés considérables faire avancer les résultats de la COP28, non seulement d’ordre technique et diplomatique mais aussi géopolitique, compte tenu desabsence de nombreux dirigeants européens et mondiaux et l’évolution des équilibres internationaux suite à la La victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines de 2024.
Quel est l’objectif de la COP29 en Azerbaïdjan : le Nouvel objectif collectif chiffré
L’objectif général de la COP est de trouver des solutions et des stratégies pour atteindre les objectifs Accords de Parissigné en 2015, qui vise à arrêter le réchauffement climatique dans le seuil de sécurité de +1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Le thème principal du sommet de 2024 est lié à la finance, notamment en établissant un accord sur ce que l’on appelle Nouvel objectif collectif chiffré (NCQG), qui régulera l’allocation de fonds par les pays les plus développés aux pays en développement pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et se préparer aux effets de la crise climatique. Le NCQG devra mettre à jour le précédent accord international, qui remonte à 2009.
Le projet de NCQG en discussion à la COP29 est actuellement toujours en attente très longtemps (25 pages) et ça continue 415 points sur lesquels aucun accord n’a encore été trouvé. Ce sont là des symptômes de la difficulté de trouver un compromis entre toutes les parties prenantes.
Jusqu’à présent, les accords prévoyaient un montant de 100 milliards de dollars par an pour les pays en développement; le Nouvel Objectif Collectif Quantifié évalue la demande de ce dernier d’augmenter l’aide à 1 300 milliards de dollars par an grâce aux fonds publics alloués par les pays les plus développés. Ces derniers demandent en revanche à pouvoir également contribuer à ces fonds. investissements privés Et Pays émergents qui ne sont pas actuellement donateurs. Par exemple, certains pays proposés sont la Chine, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Corée du Sud.
Pourquoi trouver un accord à la conférence de l’ONU sur le climat est si difficile
Parvenir à un compromis sur le nouvel objectif collectif quantifié s’avère être tout sauf une entreprise simple, ce qui n’est pas surprenant étant donné que le financement climatique c’est un thème nouveau et en partie encore à définir.
Pour commencer, il n’existe pas de définition universellement reconnue Ce qu’il faut exactement considérer sous l’égide du « financement climatique », en particulier quels projets entrent exactement dans cette catégorie et quelles sont les méthodes appropriées de transfert de fonds, reste encore un sujet de débat.
En outre, certains projets semblent servir les intérêts des pays donateurs ainsi que ceux qui reçoivent les fonds, par exemple au travers de gros contrats avec des entreprises basées dans les pays les plus développés. Sans parler de fréquents surestimations et écarts dans la comptabilité de ces fonds.
À l’heure actuelle, les principaux objets de litige sont :
- à quel montant doivent s’élever les fonds ;
- quels pays ont le devoir de les attribuer et lesquels ont le droit de les recevoir ;
- d’où les fonds peuvent ou devraient provenir ;
- comment les fonds peuvent ou doivent être décaissés.
Comment avancent les négociations sur le NCQG : les difficultés
Après plusieurs jours de négociations, un résultat sur le NCQG semble encore loin. Le ministre azerbaïdjanais de l’Écologie Moukhtav Babaïev il s’est déclaré hier 18 novembre « préoccupé par l’état des négociations » car « les parties ne se rapprochent pas à un rythme suffisant ». Babayev a demandé le soutien des dirigeants du G20 se réunit actuellement à Rio de Janeiroqui ont donné leur exhortation aujourd’hui. Cela devrait accroître la pression internationale sur les négociations et augmenter les chances de leur succès.
Un point intéressant sur lequel un accord a déjà été trouvé dans la lignée des résultats de la COP28 sur suppression progressive à partir de combustibles fossiles est le suivant, déjà présent dans le projet :
Le nouvel objectif collectif quantifié doit inclure uniquement les financements qui soutiennent la transition vers les énergies propres et l’abandon du financement des combustibles fossiles.
L’appel du G20 et les doutes sur le succès de la COP29
Mais en général, La COP29 semble évoluer dans des eaux difficilesà commencer par l’absence de plusieurs dirigeants mondiaux, en premier lieu le président de la Commission européenne Ursula von der Leyen. L’absence d’une figure représentant l’Union européenne se fait encore plus sentir après les déclarations du nouveau président Donald Trump sur la volonté de sortir à nouveau les Etats-Unis de l’Accord de Paris.
Même le président français ne participe pas à la COP Emmanuel Macronl’ancien président américain Joe Bidenle président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et le président argentin Javier Milei. Ce dernier a retiré toute sa délégation du sommet après avoir affiché des positions pendant la campagne électorale déni ouvert envers le changement climatique.
Le retour à la Maison Blanche pèse aussi sur tout ça Donald Trumpqui est ouvertement pro-fossile et pour le moins sceptique quant au changement climatique. Selon une analyse de Dossier Carbonela présidence de Trump pourrait conduire à un augmentation des émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 4 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par rapport aux plans établis sous la présidence Biden.
En ce qui concerne leItaliele discours du Premier ministre Giorgia Meloni a proposé une approche « non idéologique et pragmatique » pour défendre la « neutralité technologique ». Une intervention qui, selon certains observateurs, ne témoigne pas d’un engagement concret en faveur du réduction progressive des combustibles fossiles (après tout, l’Azerbaïdjan est un grand exportateur de gaz vers l’Italie) et serait trop optimiste quant au rôle de certaines technologies encore trop immatures – comme la fusion nucléaire – pour contribuer à temps à la transition énergétique afin de afin de ne pas franchir le seuil de +1,5 °C.
Certains ont également critiqué le fait que la COP29 se tienne pour la troisième année consécutive dans un contexte Pays exportateur de combustibles fossiles (Azerbaïdjan) après les Emirats à la COP28 et l’Egypte à la COP27. D’ailleurs, dans le discours d’ouverture de la COP29 le président du sommet Ilham Aliyen il avait défini le pétrole comme « un don de Dieu ».