Pourquoi y a-t-il de plus en plus de moustiques en automne et en hiver ? La faute aux températures et à la pollution lumineuse

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

De plus en plus souvent, nous trouvons des moustiques dans nos maisons même en plein automne ou en hiver : cela est dû àaugmentation des températures moyennes en raison du réchauffement climatique, notamment « îlots de chaleur » des villes, et àéclairage de nuit. Les températures douces et l’abondance des heures de lumière « trompent » ces insectes en avançant de plus en plus le moment où ils entrent dans leur phase de reproduction. quiétude hivernale dit diapause.

La modification du cycle de vie des moustiques a également des répercussions potentielles sur santé publiquecar il permet une plus grande permanence de les moustiques infectés, vecteurs possibles de maladies virales telles que la dengue, l’infection par le virus Zika ou la fièvre du Nil occidental,

Le cycle de vie des moustiques et quand ils sont actifs

Les moustiques sont actifs à des températures élevées, donc principalement en été, et traversent ensuite une période de quiétude hivernale (diapause) influencé à la fois par la baisse des températures et par la durée du jour (photopériode). Lorsque les températures baissent et que les jours « raccourcissent » en automne, le moustique commun (Culex pipiens) entre en diapause à l’âge adulte, cherchant refuge dans les fissures et les ravins. Le moustique tigre (Aedes albopictus) surmonte plutôt la période froide au stade de œuf: la femelle, ne pouvant résister aux températures hivernales, assure la survie de l’espèce en pondant des milliers d’œufs dans des endroits abrités qui écloront à l’arrivée des chaleurs.

Parce que les moustiques sont également actifs en hiver et pendant les mois froids : les facteurs qui modifient leur cycle de vie

Sous nos latitudes, la diapause chez le moustique commun est stimulée par une durée du jour inférieure à 12 heures et une température moyenne inférieure à 18 °C. Mais actuellement, ces insectes modifient leur cycle de vie en raccourcissant la diapause en réponse à trois facteurs : climat automnal doux et prolongéle « îlots de chaleur » des villes etpollution lumineuse. En fait, la lumière artificielle la nuit peut interrompre la diapause des moustiques, contribuant ainsi à prolonger la survie des spécimens en milieu urbain, par rapport aux rythmes naturels.

Pollution lumineuse et moustiques

De plus, des simulations en laboratoire ont montré que l’exposition de spécimens de Culex à des températures élevées qui imitent l’effet « îlot de chaleur » qui l’a induit développement ovarien et l’alimentation sanguine des femelles même en hiver. D’autres études menées aux États-Unis ont montré que de courtes périodes d’augmentation des températures automnales sous nos latitudes empêchent les femelles de Culex fertile et les inciter à prendre un autre repas de sang à la fin de l’automne.

Il est également évident que les populations de moustique tigre ils évoluent et s’adaptent à de nouveaux environnements : les femelles adultes s’acclimatent au froid et les œufs en diapause résistent à des températures hivernales assez rigoureuses permettant l’expansion géographique de ces insectes plus au nord. Ceci est confirmé par une étude publiée en 2024 par un groupe de chercheurs de l’Université de Thessalie et de l’Université d’Attique en Grèce, qui a montré que les hivers chauds prolongent la phase active de nombreuses espèces de moustiques, notamment Culex pipiens (le moustique commun) e Aedes albopictus (le moustique tigre).

La survie des moustiques en hiver est aussi un problème de santé publique

L’altération des températures saisonnières favorise non seulement la survie d’espèces exotiques arrivées accidentellement en Europe, mais aussi la propagation de maladies virales qui, dans le passé, n’étaient présentes que dans les pays tropicaux et subtropicaux. Des moustiques comme ça Culex sont en effet vecteurs du virus de la fièvre du Nil occidental et du moustique tigre (Aedes albopictus), actuellement répandu dans une grande partie de l’Italie, dans certaines régions de France et d’Espagne et dans d’autres régions de la Méditerranée, est un vecteur des virus de la Dengue, du Chikungunya, du Zika et de la fièvre jaune.

Moustique tigre d'hiver

En milieu tropical, les populations de moustiques tigres sont actif toute l’année sans entrer en diapause, mais actuellement même sous nos latitudes la persistance de l’activité tout au long du mois de décembre et le retard de la diapause font que les moustiques infectés porteur de virus même en automne et en hiver favoriser la survie hivernale.

Comprendre les mécanismes d’adaptation des moustiques est essentiel pour développer des stratégies de prévention des maladies qu’ils peuvent véhiculer. Pour cette raison, depuis 2014, « Mosquito Alert », un projet de, est actif dans de nombreux pays européens. science citoyenne coordonné par plusieurs centres de recherche dans le but de surveiller la propagation des moustiques invasifs, vecteurs possibles du Zika, de la Dengue et de la fièvre du Nil occidental.