Comment les personnes malvoyantes et aveugles prennent-elles des photos ? Les technologies utilisées

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Peut-être que vous ne vous êtes jamais posé cette question : mais Comment les personnes aveugles et malvoyantes prennent-elles des photos ? Eh bien, après avoir vu les photos du photographe aveugle João Batista Maia da Silva Aux Jeux Paralympiques de Paris, beaucoup se sont posé la question. Pour photographier des personnes ayant de graves problèmes de vision, ils n’utilisent pas seulement leurs autres sens (ouïe et odorat surtout) ou ils utilisent un assistant visuel qui leur indique les détails visuels essentiels pour les prises de vue. Ces personnes bénéficient également d’une grande aide de la part du technologienotamment grâce à l’assistance vocale qui permet de prendre des photos et des selfies avec ses téléphones et qui est également présente dans certains appareils photo, permettant de capturer des moments mémorables de manière claire et précise.

La technologie vient en aide aux personnes malvoyantes et aveugles : du VoiceOver d’Apple à la visualisation en direct des caméras

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Les téléphones portables permettent depuis quelques années aux personnes aveugles et malvoyantes de prendre elles-mêmes des photos grâce, par exemple, aux lecteurs d’écran. Voix off d’Apple, ce qui fait de l’application le caméra accessible également à ce type d’utilisateur. VoiceOver lit les différents boutons et options lorsque vous faites glisser votre doigt sur l’écran (il annonce même l’orientation de l’appareil photo, vous n’avez donc pas besoin de prendre de photos de côté), ce qui facilite le réglage de l’appareil photo et de ses modes. Mais ce n’est pas tout, car cette fonction détecte les visages et annonce vocalement combien il y en a dans le cadre, pour rendre les selfies encore plus faciles. Et puis il y a aussi la photo panoramique : l’utilisateur déplace le téléphone de gauche à droite, et VoiceOver le guide en ligne droite, lui donner des directions au cas où vos mains seraient trop hautes ou trop basses, afin de capturer les meilleures photos possibles.

Les téléphones Pixel ont une fonctionnalité d’accessibilité très similaire, la Cadre guidéqui utilise un lecteur d’écran qui guide l’utilisateur à travers une série d’étapes pour prendre un selfie, en lui indiquant où déplacer le téléphone et comment se positionner. Lorsque l’image est prête, elle est automatiquement prise. Les personnes malvoyantes passionnées par la photographie choisissent souvent des téléphones portables dotés d’une assistance vocale ainsi que d’une assistance vocale. caméras haute résolution et puis agrandir des photos sur votre PC ou tablette pour pouvoir observer les détails.

Des fonctionnalités d’assistance vocale existent également sur certains caméras professionnel. Si l’appareil photo est doté de capteurs personnalisés, certains photographes ayant des problèmes de vision peuvent également décider de prendre des photos en longueurs d’onde invisibles à l’œil nu (vous pouvez même le faire avec certains appareils photo vintage). Les personnes malvoyantes prennent souvent des photos en utilisant le mode vue en direct (l’appareil photo permet de prendre la photo tout en voyant l’image en temps réel sur l’écran LCD) plutôt que le viseur, car le premier permet d’avoir une vue d’ensemble plus compacte de la scène photographiée.

L’expérience de João Maia da Silva et l’importance deles sens et l’assistance

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Certains pourraient se demander pourquoi des personnes aveugles ou gravement malvoyantes s’essayent à la photographie s’ils ne peuvent pas ensuite observer leurs propres clichés. Mais les réponses sont les mêmes que celles applicables aux personnes qui n’ont pas ce type de problème, et peuvent se résumer à l’importance de la photographie pour rappeler et se souvenir d’un moment particulier ou un endroit spécial où vous avez été et partagez-le avec vos proches. Et puis il y a aussi le cas de ceux qui ont toujours travaillé dans le domaine de la photographie et qui, à un moment donné de leur existence, ont perdu la vue pour une raison ou une autre.

Ce deuxième cas est celui du photographe aveugle d’origine brésilienne João Batista Maia da Silva il a émerveillé tout le monde avec ses magnifiques clichés lors des trois dernières éditions de Jeux paralympiques. Maia a perdu la vue à 28 ans à cause d’une uvéite affectant les deux yeux, mais elle n’a jamais abandonné sa passion pour la photographie, et même après ce grand changement – ​​bien que sa vue soit « comme une photographie floue », pour reprendre ses mots – a continué à travailler comme photographe.

Déjà connu dans le monde du sport pour ses clichés aux JO Rio 2016 Et Tokyo 2020sa technique de tir est très particulière : Maia utilise la sienne sens (d’abord l’ouïe – son guide principal, avec lequel il écoute les mouvements des athlètes – puis le toucher et l’odorat) pour percevoir ce qui l’entoure et s’orienter en ressentant les vibrations, capturant ainsi les moments importants avec son appareil photo photographique. Pour des événements importants comme celui-ci, il s’est fait aider par un assistant qui a décrit certains détails visuels (couleurs, expressions, etc.) des performances des athlètes, et le résultat est vraiment incroyable.

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Sa photographie est une chronique visuelle, capturant des instants fugaces et partageant des émotions, des sons et des touches. Dans une interview accordée à Jeux olympiques.com le photographe a dit :

La photographie à l’aveugle est une manière d’expérimenter nos perceptions, latentes en chacun de nous. Chacun de nous a sa propre perception, et elle peut être mieux explorée en son absence. Dans mon cas, la vue est absente, mais je peux stimuler davantage mon ouïe, mon toucher, mon odorat, mon goût. (…) Mais surtout j’imagine, et je tire avec mon cœur. Quand quelqu’un me demande des conseils en photographie, je réponds ainsi : « Avant de prendre une photo, arrêtez-vous, réfléchissez, étudiez le lieu, ressentez l’énergie qui vous entoure, la lumière, les odeurs. Essayez de découvrir l’histoire derrière tout avant de cliquer. Tout cela constitue mes images. »

Maia nous apprend donc qu’en plus de la capacité physique de notre regard, il est encore plus indispensable de prendre une photo. savoir « voir » au-delà de ses propres yeuxutilisant l’imagination comme source principale pour immortaliser ce qui est important.