Toutes les absurdités d’un jour de vacances supplémentaire : la fête de Saint François
Dans un moment de crise internationale, de guerre, d’affrontements entre police et manifestants, de grèves incessantes, notre Parlement a jugé opportun de consacrer du temps à l’instauration d’une nouvelle fête religieuse nationale : la fête de Saint François, qui sera célébrée le 4 octobre à partir de l’année prochaine. Nous savons bien que le Parlement peut et doit discuter chaque jour davantage de propositions; Pourtant, il est difficile de ne pas entendre le choc entre la gravité du moment présent et la futilité ridicule de telles discussions.
Une loi mal écrite qui crée des incohérences
Ce n’est pas tout : la loi présente également plusieurs problèmes, comme l’a souligné le Président de la République, qui a dû intervenir par une lettre aux Chambres pour demander que la loi soit bien rédigée. Bien rédigé justement dans le sens d’une clarté adaptée aux textes législatifs. En plus de cela, le président souligne un problème que la loi produirait, à savoir la coïncidence à cette date de la fête nationale de Saint François et de la solennité civile en l’honneur de Sainte Catherine de Sienne. En fait, les deux choses sont incompatibles, car une solennité civile exige que des célébrations, des réunions et des initiatives soient organisées dans les écoles et les municipalités, ce qui est impossible lors d’une fête nationale : les écoles seraient fermées, ainsi que tous les bureaux publics et privés.
Le débat dystopique entre parlementaires
De cette note du président naît donc une autre discussion très sérieuse entre parlementaires : comment contourner cet obstacle, afin de pouvoir garantir aux citoyens la célébration religieuse dont ils ont un urgent besoin ? Cela ressemble à un film parodique, un article de Lercio. Maurizio Lupi, le premier signataire de la loi, rassure : il a trouvé la réponse à ce problème séculaire. Santa Caterina se déplace au 29 avril, et ainsi de suite. Après de longues délibérations, comme l’exige la solennité des circonstances, le leader de Nous les Modérés arrive à cette solution, estimant que si l’on mettait ensemble saint François et sainte Catherine, un débat pourrait éclater. Attention : le Parlement pourrait se retrouver à débattre, « car quand on ajoute sainte Catherine, pourquoi pas saint Joseph ? ». Il s’agit véritablement d’une situation dramatique que l’intervention du Parlement, opportune et efficace comme nous la connaissons, même dans des questions de peu d’importance comme le travail et la justice, résoudra rapidement.
Par conséquent, non seulement le Parlement, dans un moment historique comme celui-ci, où les citoyens ressentent des problèmes urgents et où le monde est confronté à un massacre et aux développements qui vont maintenant se produire, commence à discuter des saints ; mais il n’est même pas capable d’écrire les lois. Comment est-il possible qu’aucun député et sénateur n’ait remarqué la coïncidence avec la solennité de Sainte Catherine ? Il a fallu le président de la République pour que les gens regardent les noms sur le calendrier et rappellent que les lois ne s’écrivent pas avec les pieds. Imaginez s’il devait rédiger des lois sérieuses.
Un message de foi dans un État laïc
Il est également intéressant, et crucial, d’observer les raisons de ce choix. Saint François transmet un message de paix universelle, qui doit donc être valorisé et diffusé. La paix est très importante, nous le savons ; en fait, il est assez drôle que nous voulions célébrer le saint de la paix alors que nous continuons à ne pas prendre ouvertement parti contre ceux qui, au contraire, font la guerre, et bien pire encore.
En plus de cela, bien sûr, le message de saint François est un message de foi et de spiritualité (c’est un saint après tout). Ceci est considéré comme fondamental dans un État qui devrait être qualifié de laïc mais qui, en fait, de toutes les fêtes nationales n’en compte que trois à caractère civil et non religieux. Ce n’est pas dans l’intérêt des citoyens que nous voulons promouvoir un message de foi, mais dans l’intérêt d’une majorité parlementaire et donc d’un gouvernement qui concentre une grande partie de sa propagande sur l’appartenance à la religion chrétienne. En contradiction flagrante, en fait, avec la politique menée par le gouvernement lui-même ces dernières années.
L’invitation à la pauvreté a été oubliée
Il est également curieux de constater que l’un des éléments clés du message franciscain est l’austérité, la rigueur et le renoncement au luxe. Ceci n’est pas du tout mentionné dans la discussion de la loi ; Cela pourrait effectivement mettre en difficulté les personnes qui gagnent dix mille euros par mois. Il est donc clair qu’il n’y a pas de réel attachement à la grande figure du saint, certes importante même pour les non-chrétiens et porteur d’un message qui peut aussi être lu dans un sens profane. Il y a une volonté de se perdre dans des questions insignifiantes, scandaleuses pour les citoyens, complètement inutiles à tous points de vue, détournant ainsi l’attention de ce qui se passe entre-temps en Italie et dans le monde.
En outre, celle du pauvre d’Assise est une carte gagnante : qui pourrait dire qu’il n’est pas un personnage à célébrer ? Comment critiquer quelqu’un qui veut seulement honorer le symbole de la paix et de la fraternité ? Après tout, ce qui compte, ce sont les symboles et non les faits.