l’histoire derrière ce nom curieux

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Qui n’en a jamais fait sauter un Langue ménélik? Également connue sous le nom de « langue de Ménélicche » ou « langue de belle-mère », nous parlons de la langue sonore (ou sifflet-trompette) que l’on peut voir presque partout pendant le carnaval, celle dans laquelle en soufflant à l’intérieur d’un long tube de papier coloré, elle se déroule et s’allonge soudainement en faisant un bruit gênant puis s’enroule à nouveau.

Le nom plutôt curieux de cet objet dérive de l’époque coloniale et est né d’une intention dénigrante envers Ménélik IINégus (« roi des rois ») d’Ethiopie de 1889 à 1913. En effet, on disait que le roi d’Ethiopie avait le longue langue (ennuyeux tout comme le coup de sifflet de la trompette) et était très peu discipliné dans ses paroles.

Mais dans quelle mesure cette histoire est-elle vraie ?

Ce rumeur elle s’est propagée à la suite d’un épisode historique survenu réellement le 2 mai 1889, qui remonte à la signature du Traité d’Uccialli (cette dernière était un endroit au nord de l’Éthiopie) entre l’Italie et le pays de la Corne de l’Afrique. Il s’agissait d’un traité d’amitié et de commerce entre les deux, que le Négus aurait signé avec le comte Ugo Antonelli.

Dans le document se trouvaient plusieurs articles qui avaient pour tâche non seulement de réglementer les relations entre les deux États, mais aussi de mettre sur papier les acquisitions territoriales Italiens en Érythrée, que Negus lui-même a reconnu comme étant colonie italienne.

Le traité avait été rédigé en italien et en amhariquemais l’article 17 était différent dans les deux langues : en italien, en effet, le Négus déléguait ses choix de politique étrangère à l’Italie, faisant ainsi de l’Éthiopie l’un de ses choix de politique étrangère. protectorat. Dans le texte éthiopien, l’Italie apparaît uniquement comme représentant diplomatique. Aujourd’hui encore, on ne sait pas s’il s’agit d’une erreur de traduction ou si l’Italie s’est comportée de manière déloyale pour inciter l’Éthiopie à signer le contrat, même si la première hypothèse est plus probable. Ce que nous savons cependant, c’est que pour le Négus il aurait été impensable de faire de son pays un protectorat italien, et lorsqu’en 1893 il apprit la différence de traduction, il a immédiatement renoncé à l’intégralité du traité.

Cette affaire a porté atteinte aux relations entre les deux pays et a été l’une des principales causes de Guerre d’Abyssiniequi commença en décembre 1895 et se termina le 1er mars 1896, lorsque plus de 14 000 soldats italiens commandés par le général Oreste Baratieri furent attaqués et vaincus à Adua par les 120 mille soldats commandés par Negus Menelik. Précisément à la fin de cette guerre très sanglante, eut lieu le fameux Traité de paix d’Addis-Abeba (26 octobre 1896), qui remplace celui d’Uccialli.

De toute cette histoire, aux yeux des Italiens, le Négus s’est avéré être un personnage plutôt désagréable, dont la langue « était capable de changer de forme » tout comme la trompette du carnaval.