De la bois à l’aluminium, en passant par la fibre de verre et le Kevlar, jusqu’à la révolution du graphite. L’histoire du tennis est celle d’une évolution technologique contenue dans son instrument le plus emblématique : le raquette. Nous sommes passés d’outils lourds en frêne ou en érable, avec des cordes en boyau d’animal et un très petit plan de cordage – la zone de la raquette qui frappe la balle – qui exigeait un haut niveau technique, à des outils modernes en graphite. Aujourd’hui, les pros utilisent des cordages monofilaments synthétiques si performants qu’il faut les changer après seulement une heure de jeu. Retraçons ensemble comment le changement des matériaux a transformé non seulement l’outil, mais le jeu lui-même, à travers ses caractéristiques et ses protagonistes.
Les premières raquettes de tennis en bois au 19ème siècle
Les premières raquettes ont été fabriquées en bois (maintenant un patrimoine pour les collectionneurs). C’est le seul matériau utilisé depuis la naissance du sport à la fin du XIXème siècle en Angleterre jusque dans les années 1970. Nous parlons de bois massif, partie interne et la plus dense du tronc de l’arbre (frêne ou érable), avec des fûts relativement longs, une petite tête et des cordes en boyau naturel. Les méthodes d’assemblage se sont progressivement affinées même si le principe constructif est resté le même, à savoir le construction stratifiéec’est-à-dire le chevauchement de nombreuses bandes de bois de qualité et de rendement différents, la compression et le collage.

Bien qu’il s’agisse d’un matériau fascinant et facilement disponible, le bois présentait plusieurs défauts : il en possédait un rigidité limitantec’était lourd (environ 400 grammes) et sous réserve de déformations (bosses, humidité) et surtout ça « endroit idéal »ou la zone optimale de la raquette dans laquelle la balle, entrant en contact avec le plaque à cordesrenvoie une réponse sensiblement homogène, c’était très étroit. Cela nécessitait une technique de jeu qui compensait ces limitations. C’est la marque belge de raquettes Snauwaert, en 1989, qui a lancé « Ultimate », sa dernière raquette en bois signée du champion américain. John McEnroeà une époque où ce matériau avait désormais disparu des courts de tennis.
La transition de Lacoste vers la raquette métallique dans les années 1960
La première véritable alternative au bois a été métal. En 1965, l’ancien joueur de tennis et créateur de mode reconnu René Lacoste il a eu l’idée de créer un outil capable de garantir un poids inférieur et une répartition des masses plus homogène. Le métal le plus populaire étaitaluminium car il offrait d’excellentes garanties de légèreté. Les cadres offraient un meilleur équilibre entre puissance et maniabilité. Le passage au métal représentait plus qu’un simple changement de matériau : il symbolisait la large diffusion des technologies avancées dans le monde du tennis. Les joueurs, amateurs ou professionnels, pourraient profiter des matériaux innovants sans compromettre les performances. Le changement de matière a donc contribué à la démocratisation du tennis, rendant les raquettes hautes performances plus accessibles. Du sport d’élite au sport populaire.

Résines synthétiques et Kevlar : la révolution Head dans les années 70
Un autre changement – probablement encore plus radical que celui réalisé par Lacoste – est dû à l’ingénieur aéronautique Tête Howard. Une fois retraité de sa carrière militaire, il a décidé de consacrer son temps libre au tennis et d’utiliser ses compétences pour créer une raquette innovante. C’est à la fin des années 70 que le cordage fut agrandi et que le cadre fut également réalisé à l’aide du résines synthétiques. Après l’invention de Howard, les métiers à tisser sont devenus de plus en plus légerconstruit avec fibre de verre, kevlar, bore et céramique.

L’ère moderne du graphite dans les années 1980
Au début des années 1980, le première raquette entièrement en graphiteavec un large ovale 630/640 centimètres carrés (par rapport au 440 de son prédécesseur en bois) et le poids environ 300 grammes. Des matériaux aux noms différents sont parfois utilisés (dnx, nanocarbone, deltacore, etc.) qui s’apparentent pourtant au graphite, c’est-à-dire des composés carbonés. L’utilisation de ces composites a permis d’augmenter la surface du cordage tout en conservant la rigidité de la structure, concevant ainsi des raquettes capables de s’adapter à tout type de joueur. Avec l’introduction des premières raquettes en carbone, les joueurs ont pu générer des tirs plus puissants et précischangeant radicalement la dynamique du tennis tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Le cordage et l’accroche : du boyau naturel aux matières synthétiques
Le plaque à cordes représente l’autre moitié du ciel d’une raquette. Dans un premier temps et jusqu’au début des années 1970, on utilisait des matériaux naturels, comme le intestin. La source était la vache (une partie de son intestin appelée séreuse). Aujourd’hui les cordages sont en grande partie en matière synthétique. À partir de polyfilaments tressés de nylonaux développements du polyamide (kevlar) Et polyesterutilisé avant tout pour les cordages les plus performants en termes de puissance, constitués de monofilament (c’est-à-dire un seul fil de l’épaisseur souhaitée). Le choix du cordage affecte directement les performances de la raquette et la sensation du coup. Aujourd’hui, les joueurs peuvent choisir parmi une variété d’options, des cordes plus dures aux cordes plus souples, pour personnaliser davantage leur équipement avec diverses tensions, notamment en fonction de leur propre biomécanique. Parfois pour réduire les vibrations des cordes et du cadre lors du tir on a recours à insérer une bille entre les cordes anti-vibrateurc’est-à-dire un petit objet en caoutchouc qui, attaché entre plusieurs cordes, absorbe les vibrations. Beaucoup prétendent que ce petit objet peut réduire le risque d’épicondylite (une blessure communément appelée « tennis elbow »), mais il n’existe aucune donnée certaine et substantielle qui puisse véritablement étayer cette thèse.

Le poignée c’est un adhésif qui sert à avoir une bonne adhérence sur le manche et à empêcher la raquette de glisser. LE’surgrip, au lieu de cela, il sert avant tout à augmenter l’épaisseur du manche, à offrir une meilleure adhérence et est appliqué sur le grip pour offrir une meilleure adhérence et un plus grand confort et pour absorber les transpiration. Le grip doit être changé lorsqu’il a perdu son grip ou son pouvoir absorbant, il peut être réalisé avec différents matériaux, notamment polyuréthane, tissus synthétiques et évidemment le gomme.
Curiosités et records sur les raquettes de tennis
Maintenant que nous avons compris l’histoire et l’évolution technologique de la raquette de tennis, voyons quelques faits curieux sur ces objets :
- Joueurs de tennis professionnels ils changent de raquette pendant le jeu lors des changements de ballon (tous les 9 matchs) ou après environ une heure d’entraînement car ils utilisent uncordage monofilamentdont les performances sont optimales à très court terme puis chutent irrémédiablement et sont considérées comme « mortes » après, justement, une heure d’utilisation.
- Le dernier professionnel de haut niveau à utiliser une raquette bois c’était du slovaque Miloslav Mécir qui est devenu n°4 mondial en jouant avec une raquette taille moyenne de la société Snauwaert. Il était tellement attaché à sa raquette en bois qu’au cours des dernières années de sa carrière, il a continué à l’utiliser « en secret », avec une couleur vert métallisé qui simulait un modèle similaire en graphite ;
- La raquette le plus cher de tous les temps il appartenait au 22 fois champion du Grand Chelem Rafael Nadal : la maison de vente aux enchères Prestige Memorabilia l’a vendu cette année à 157 333 dollars américains. C’est l’outil avec lequel le Majorquin a remporté son dixième Roland Garros en 2017 en finale avec le Suisse Wawrinka.
- La raquette de Jannik Sinner pèse 300 grammes avec un motif de cordage 16×19pour un ovale ‘Taille d’esprit Plus‘ et avec plaque à cordes de 645cm2. C’est long 68,5 cm et épais 23 mmavec un équilibre dans le cadre a 320 millimètres.