Le tribunal de l’UE "enregistrer" Dans les centres pour migrants en Albanie, Meloni se réjouit et attaque : "Deux années perdues à cause de lectures judiciaires forcées et infondées"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le projet du gouvernement Meloni pour des centres de migrants en Albanie reçoit l’approbation de l’avocat général près la Cour de justice de l’Union européenne. Dans son avis sur le protocole Italie-Albanie, Nicholas Emiliou explique que l’accord conclu entre les deux pays est « compatible avec la législation européenne sur les procédures de rapatriement et d’asile, à condition que les droits des migrants soient pleinement protégés ».

La Première ministre, Giorgia Meloni, est enthousiaste (et controversée) sur les réseaux sociaux : l’avis « confirme la validité du chemin que nous avons indiqué et combien ont coûté à l’Italie deux années perdues à cause de lectures judiciaires forcées et infondées ».

Un navire de la marine transportant 49 migrants arrive au port de Shengjin en Albanie. AP Photo Vlasov Sulaj Associated Press-LaPresse

L’avis

L’avocat général de la Cour de justice s’est exprimé sur le procès intenté par deux migrants expulsés d’Italie et emmenés en Albanie, où ils avaient demandé une protection internationale. Par la suite, deux jugements de détention ont été prononcés à leur encontre, que la Cour d’appel de Rome a rejetés, estimant que la législation nationale était contraire au droit de l’UE. Les autorités nationales ont fait appel devant la Cour de cassation, qui s’est tournée vers la Cour de justice pour obtenir des éclaircissements. L’avis d’Emiliou n’est pas contraignant et anticipe sur la décision future des juges.

Dans son avis, Emiliou explique que le droit européen « n’empêche pas » un pays d’établir des CPR en dehors de son territoire. L’Etat reste toutefois tenu de « respecter toutes les garanties apportées ». Un « chapeau » qui inclut le droit à l’assistance juridique, à l’interprétation linguistique et au contact avec les membres de la famille et les autorités. Une attention particulière doit être accordée aux mineurs et aux personnes vulnérables.

Meloni et Rama photo LaPresse
Le Premier ministre Meloni avec Rama pour la signature de l’accord avec l’Albanie

L’accord Italie-Albanie

Le protocole entre l’Italie et l’Albanie a été signé le 6 novembre 2023. Il permet à l’Italie d’établir et de gérer des centres de détention et de rapatriement de migrants en Albanie, tout en restant sous juridiction italienne. Les juges italiens se sont prononcés à plusieurs reprises contre les détentions et une véritable lutte acharnée entre l’exécutif et l’exécutif a vu le jour.

Meloni : « Deux années perdues à cause de lectures judiciaires forcées »

« Une nouvelle importante, qui confirme la validité du chemin que nous avons indiqué et combien deux années perdues à cause de lectures judiciaires forcées et infondées ont coûté à l’Italie. En attendant, nous avançons. Parce qu’il faut du sérieux, du courage et des solutions concrètes pour lutter contre l’immigration clandestine », commente Giorgia Meloni sur les réseaux sociaux.

La Cour de Justice de l’UE

La Cour de Justice est la plus haute instance judiciaire de l’Union européenne. Sa mission est de veiller à ce que le droit de l’Union soit respecté et appliqué de la même manière dans toute l’Union. C’est l’une des deux instances judiciaires qui composent ensemble l’institution appelée « Cour de justice de l’Union européenne ».

Il est composé de 27 juges et de 11 avocats généraux. Juge différents types d’affaires. Il traite principalement des questions relatives au droit de l’Union soulevées par les juges nationaux et des affaires intentées par la Commission contre les États membres de l’Union pour violations du droit de l’Union. Elle statue également sur les recours contre les décisions de justice.