Francesca Albanese, icône dure et pure avec une date de péremption
Ce n’est que et seulement lorsque Francesca Albanese sera « accueillie par FabioFazio » (écrit tout en pièce jointe, prononcé sans souffler) qu’on pourra alors dire qu’elle sera officiellement en lice pour la direction, sinon de tout le centre-gauche, du moins d’une des franges d’extrême gauche de la coalition. Pour le moment, elle se limite à faire des apparitions dans les talk-shows de La7 (de « Di Tuesday » à « In Onda » et toute la série de formats, tout de même, d’Urbano Cairo) et dans le podcast « Tintoria », une sorte de « Propaganda Live » de Zoro, sur un ton plus modeste et somnolent.
Car Albanese est avant tout un phénomène médiatique. Ce dont la gauche avait besoin pour revenir sur les sujets d’actualité et s’emparer de l’agenda politique, au moins pour quelques semaines. Le conflit israélo-palestinien, le Hamas, le Mossad, la bande de Gaza, le massacre, le « génocide », les sionistes laids et méchants, et toujours l’**Amérique** (avec un « k », remarquez) qui complote – plus tellement dans l’ombre – en soutien au « nazi » Benjamin Netanyahu.
De la Flottille au Parlement : Francesca Albanese et la gauche qui viendra (peut-être)
Couronnement du succès médiatique : la Flottille, la contribution de l’Occident à la bataille, qui n’est pas là, qui ne s’aligne pas, qui lutte contre les abus. Francesca Albanese est, même les murs le savent désormais, la «
Icône de média avec date d’expiration
Jusqu’à présent, administration normale. Albanese est un autre exemple de la manière dont un personnage politique est fabriqué dans une éprouvette. Non pas que ça manque de préparation ou de profondeur, mais force est de constater qu’il s’agit quand même d’une opération médiatique. De même que ses croquis sont désormais un « classique instantané » : depuis la grâce accordée au maire de Reggio Emilia, coupable d’avoir rappelé – avec le massacre des Palestiniens – aussi le massacre égal (et oui, je sais bien que pour cet adjectif je suis passible du « sionisme ») du massacre du 7 octobre perpétré par le Hamas, jusqu’à l’abandon du studio de « In Onda » rien qu’en entendant le nom du Sénatrice juive et survivante de l’Holocauste, Liliana Segre. Francesca Albanese, controversée mais toujours cohérente avec ses convictions, est également devenue la madone pèlerine de l’extrême gauche-gauche, celle qui a envahi les places lors de la grève générale convoquée par la CGIL vendredi dernier.
Du coup, on a brûlé les trente dernières années de la gauche libérale-démocrate pour retourner aux barricades. Et elle – la
Leader sans écoute, icône sans dialogue
Il a été dit : Francesca Albanese. Je m’excuse si je ne vois vraiment pas en elle l’embryon d’un leader politique – peut-être qu’elle ne veut même pas le devenir elle-même et se contentera, comme n’importe quelle Ilaria Salis, d’occuper une petite place au Parlement. Mais honnêtement, traiter le nom de la sénatrice Liliana Segre avec autant de fierté, en déclarant « Je respecte Segre, mais sa douleur ne lui fait pas comprendre le génocide à Gaza », sans même en parler au sénateur au préalable, est vraiment étonnant.
Cela nous fait comprendre à quel point la préparation, la sensibilité et la volonté d’écoute sont nécessaires. Et cela nous fait comprendre comment, en ces temps de solipsisme extrême, notre Albanaise est plongée dans sa bulle cognitive, qui l’empêche d’écouter et de comprendre même ceux qui pensent un peu différemment d’elle. Bref, les « spin doctor » auraient vraiment beaucoup de travail à faire sur une personne qui, à ce jour, a largement dépassé la quarantaine et approche la cinquantaine.