Pourquoi y a-t-il une tête d’ours sur Mars ?
C’est curieux cas de paréidoliec’est-à-dire un phénomène psychologique par lequel nous voyons des visages humains, des formes d’animaux ou d’autres formes reconnaissables dans des objets ou sur des surfaces. Ceci est une illusion et se produit en raison d’un mécanisme naturel de notre cerveau, qui est amené à tracer des motifs aléatoires (comme ceux d’un nuage, d’un rocher) jusqu’à des formes familières.
Cela peut également se produire, par exemple, dansobservation de motifs sur des surfaces irrégulièresdont celles des étoiles et planètes observées grâce aux images envoyées par sondes et satellites. Nous avons rassemblé les cas les plus célèbres et les plus curieux, résultat d’érosions, de cratères d’impact, du comportement de certaines surfaces glacées et de conditions d’éclairage particulières qui peuvent accentuer certains jeux d’ombres, comme dans le cas de cette tête d’ours repérée par Orbiteur de reconnaissance de Mars (MRO, avec caméra HiRISE), en décembre 2022 : il est naturel de voir deux yeux à la place des cratères, un museau dans l’effondrement en V d’une structure rocheuse et la forme d’une tête dans la fracture circulaire.
Le visage de Cydonia sur Mars

C’est l’un des cas de paréidolie les plus connus et remonte à 50 ans : l’image de la surface de Mars, dans la région de Cydoniaa été prise en 1976 par la sonde Viking 1 de la NASA, qui a représenté ce qui peut nous apparaître comme un visage. Selon les théoriciens du complot, cette colline d’origine totalement naturelle témoignerait plutôt de l’existence de formes de vie sur la planète. Cependant, il s’agissait de un jeu d’ombre et de lumière chanceux : Quelques années plus tard, en 1998, le démenti intervient grâce à l’image fournie par la sonde Mars Global Surveyor. Avec un éclairage différent, le visage n’était plus reconnaissable.
Dans la même région, se trouve une montagne qui ressemble au profil de Benito Mussolini dans les images collectées par la sonde Mars Global Surveyor. Les coordonnées pour le trouver sur Google Earth sont la latitude 33° 12′ 6,75″ N et la longitude 12° 56′ 24,14″ O.
Araignées martiennes

Ce que nous semblons voir sur cette image, ce sont des araignées géantes dotées de centaines de « pattes », représentées grâce à la sonde Mars Reconnaissance Orbiter en 2009 et 2018. Il s’agit de formations ramifiées de l’hémisphère sud de Mars, mesurant jusqu’à 800 mètres de long, appelées terrains araneiformes. Comme l’ont démontré des études et des simulations en laboratoire, dans lesquelles les scientifiques ont réussi à recréer les températures et la pression atmosphérique de la planète rouge, elles seraient le résultat de l’action du dioxyde de carbone, selon le modèle dit de Kieffer : au printemps, lorsque la lumière du soleil traverse des couches transparentes de glace et réchauffe le sol en dessous, elle génère une pression et libère du gaz, faisant passer le sol directement à l’état gazeux (sublimation) et apportant de la poussière sombre à la surface. Comme l’explique la NASA, ce qui reste sont des cicatrices en forme d’araignée.
La « nageoire de requin » et la « pince de crabe »

Dans ces images, également prises depuis Mars, le Perseverance Rover observe des roches en forme d’aileron de requin et de pince de crabe. Les images ont été prises le 18 août 2023 et représentent des roches façonnées par l’érosion éolienne.
La figure extraterrestre

L’image ci-dessus est l’une des images renvoyées par le rover Curiosity en août 2023 : faisant partie de la mission d’exploration de la NASA vers Mars lancée le 26 novembre 2011, le rover est arrivé à destination le 6 août 2012, atterrissant dans le cratère Gale pour étudier la géologie et le climat martiens et évaluer l’habitabilité de la planète. L’image est récemment redevenue populaire et est devenue virale. La NASA n’a pas fourni d’explication définitive : l’explication la plus accréditée n’est pas, comme dans d’autres cas, un effet optique sur une formation de terrain, mais un éventuel artefact de caméra, puisqu’il n’est présent que sur une seule image. Certains experts évoquent un possible impact d’un rayon cosmique sur le capteur ou une erreur de transmission/traitement de l’image.
Le soleil souriant

Il semble une émoticône souriantemais il s’agit du soleil immortalisé par le Solar Dynamics Observatory (SDO) de la NASA en octobre 2022 : vues en lumière ultraviolette, ces taches sombres sont connues sous le nom de « trous coronaux ». Ce sont des régions de la couronne solaire où il fait plus froid car les champs magnétiques, au lieu de se refermer en anneau sur la surface solaire, s’ouvrent vers l’espace interplanétaire : cela signifie moins d’énergie et donc une émission de rayonnement plus faible, ce qui se traduit par des images plus sombres en ultraviolets et en rayons X.