Comment est célébrée la Dia de Los Muertos mexicaine et quelle est sa signification

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le Jour des Mortslittéralement « le jour des morts », est l’une des fêtes les plus emblématiques du Mexique, célébrée entre le 1er et le 2 novembre. Rendu de plus en plus célèbre et connu par le film d’animation Disney « Coco », il est une joyeuse célébration de la vie et un hommage aux membres décédés de la famillequi retourneraient temporairement dans le monde des vivants pour retrouver leurs proches le soir même. Bien qu’elle coïncide avec la Toussaint, elle a des origines complètement différentes et une signification opposée.

Les origines anciennes du Día de los Muertos

Le Jour des Mortsdont le sens littéral est « Jour des Morts », évoque ses racines dans les temps anciens. croyances des civilisations indigènes précolombiennesnotamment de Aztèques, Mayas et Purépechaqu’ils ont vu la mort comme un transition vers une autre dimension de l’existence : le monde des morts, des esprits. La célébration des morts occupait une place centrale dans la vie religieuse indigène : dans le calendrier mexicain, composé d’au moins 18 mois six fêtes dédiées aux défuntsdont certains ont duré des semaines. Avec l’arrivée des conquistadors espagnols au XVIe siècle, ces rites ancestraux se confondirent avec la tradition catholiquesurtout avec la célébration de Toussaint (1er novembre) et avec le Commémoration des Morts (2 novembre). Le Jour des Morts ce que nous savons aujourd’hui en est un synthèse extraordinaire de différentes influences culturellesun moment où le passé précolombien et le tradition catholique coexister dans une seule célébration. Le peuple mexicain a su maintenir vivant l’esprit de cette tradition, animé par la conviction que tant qu’une âme est célébrée, elle ne disparaît jamais vraiment.

Autels et déguisements en l’honneur de la mort

A l’occasion du « Jour des Morts », les familles mexicaines organisent diverses activités comme la mise en place autels avec ofrendas (offrandes) en l’honneur de son défunt, je déguisements qui rappellent les figures historiques et mythologiques des cultures précolombiennes, la célébration, dans les rues des villes, de défilés et défilés. Des familles mexicaines ont créé un autel dédié à leur défunt à l’intérieur ou à l’extérieur de votre maison, décoré avec des photographies, des bougies, des fleurs de cempasúchil, de l’encens, des crânes en sucre et des aliments aimés du défunt.

Autel Dia de los muertos

Ces alatars représentent un portail entre la vie et la mort, et en fait le ofrendas (offrandes), déposées sur les autels eux-mêmes, servent tout autant point de rencontre entre le monde de tu vis et celui du mort. Parmi les objets symboliques présents dans les ofrendas, on trouve notamment le papier picadoou des décorations en papier coloré sculpté qui représentent la fragilité de la vie et le souffle du vent qui guide les âmes. Les autels peuvent être trouvés dans les bâtiments publics tels que les écoles et les temples, ou sur les places des villes. Vêtements et déguisements suivent les typologies du patrimoine historique et imaginaire : le déguisement iconique que l’on associe immédiatement à la fête est celui de Calavera (crâne) par Catrinaremontant àère aztèqueon pense que c’est le déesse Mictecacihuatl, Reine des Enfers et Dame de la Mortprotecteur des os du défunt.

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En 1910, le visage de la déesse est représenté dans une œuvre de José Gauadalupe Posadaqui a créé une image satirique se moquant des Mexicains indigènes se faisant passer pour des aristocrates européens pendant la pré-révolution, portant des vêtements français. En plus des calaveras (crânes), ils sont également courants déguisements liés aux esprits de la tradition indigènecomme les figures mythologiques et les animaux symboliques. Par exemple, le Àlebrijescréatures fantastiques et multicolores issues de l’art populaire mexicain, sont représentées dans des costumes pour évoquer la protection des esprits directeurs.

Différences entre Halloween et Día de los Muertos

On a souvent tendance à confondre Jour des Morts avec Halloweenmais au-delà du fait que les dates ne coïncident pas exactement, les deux jours fériés ont origines, symbolismes et significations complètement différents. S’il est vrai que dans les deux célébrations le thème de la mort est central, l’approche est opposé. Halloween a ses racines dans Traditions celtiques de Samhainun rituel lié à peur des esprits, perçues comme des entités sombres et malveillantes. C’est précisément pour cette raison que les symboles d’Halloween (tels que citrouilles sculptées, fantômes, sorcières) évoquent l’idée d’un menaçant d’un autre mondeà exorciser avec des déguisements et des farces inquiétantes.

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Dans le Jour des MortsPlutôt, les esprits ils ne sont pas craints, mais attendu et honoré. Dans certaines communautés, cet accueil se traduit par veillées nocturnes dans les cimetièresoù les membres de la famille passent la nuit près des tombes, se régalant, jouant de la musique et racontant des histoires. Aussi l’utilisation de couleur souligne la différence : alors que Halloween Il se caractérise par des nuances sombre et inquiétant (noir, violet, orange), le Jour des Morts c’est une fête vif et lumineuxdans lequel le jaune et orange des fleurs de cempasúchil, le rougeLe bleu et rose.

Patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Aujourd’hui, Día de los Muertos n’est pas seulement une célébration mexicaine, mais il est reconnu et célébré dans différentes parties du mondedes communautés latino-américaines aux États-Unis aux événements culturels en Europe et en Asie. Sa valeur est officiellement reconnue dans le monde entier par 2008avec la nomination d’être Patrimoine culturel immatériel de l’humanité, assurer sa protection et sa transmission aux générations futures.

Sources

Carraro C. (2005) « Le Mexique entre mythe et réalité : Voyage à travers les traditions du Día de los Muertos »

Gnecchi-Ruscone E. (2018) « Le culte de la mort dans les cultures mésoaméricaines »

Florescano E. (1997) « Etnia, Estado y Nación: Ensayo sobre las identidades colectivas en México »