Avec « The Dog Stars », Ridley Scott combine western crépusculaire et dystopie
« The Dog Stars » arrive dans nos salles aujourd’hui, avec un casting de premier ordre comprenant Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley et Guy Pearce. Un film particulier et étrange, avec un ton et une atmosphère difficiles à déchiffrer, beaucoup d’idées intéressantes mais peut-être incapable de les développer autant qu’il le pourrait.
« The Dog Stars » – L’intrigue
Dans le monde de demain, les choses sont pour le moins sens dessus dessous. Un terrible virus a décimé l’humanité, mais plus encore, il a mis fin au mot civilisation de la manière la plus claire et la plus dramatique. Aujourd’hui, le monde est devenu une sorte de Far West, avec des communautés divisées par de grands espaces, par une nature qui s’est à nouveau imposée, mais surtout par la peur, car on ne peut pas faire confiance à quelqu’un qu’on ne connaît pas. C’est du moins ce que pense Bangley (Josh Brolin), un ancien marine, un survivant passionné, quelqu’un qui garde son avant-poste prêt à remplir de plomb quiconque s’approche. Son ami Hig (Jacob Elordi), mécanicien et pilote d’avion, pense différemment, convaincu qu’il y a toujours du bon en chacun, qu’il y a de l’espoir pour l’humanité. C’est aussi pourquoi il aide un camp mormon voisin, en lui fournissant quand il le peut ce qu’il trouve dans la ville abandonnée la plus proche. De manière inattendue, Jesper, son chien, lui tient compagnie, tout ce qui reste de sa vie antérieure, de l’époque où les choses avaient un sens.
Finalement, Hig décide de partir, à la recherche d’autres traces de civilisation, preuve que tout n’est pas perdu, et sur son chemin il rencontrera Cima (Margaret Qualley) et son père Pops (Guy Pearce), mais de cette rencontre naîtra quelque chose que ni lui ni personne d’autre n’aurait pu prévoir. « The Dogs Stars » est basé sur le roman de Peter Heller, sorti en 2012, bien avant que la COVID-19 ne nous plonge dans cette ambiance sombre et pessimiste d’isolement, de peur de la différence et du lendemain que nous propose le film de Scott. Cependant, malgré à quel point le thème a été exploité (ou plutôt redécouvert) par le cinéma, le monde du jeu vidéo, la bande dessinée ou les séries télévisées depuis la pandémie, on ne peut pas dire qu’il s’agisse de quelque chose de totalement nouveau. Depuis l’époque de George A. Romero et de ses zombies, on se demande à quoi ressemblerait la fin du monde et surtout ce qui suivrait. Ridley Scott y répond à sa manière, en calibrant une histoire très, voire trop dérivée, fragmentée, mais qui peut revendiquer son propre charme.
Un film qui veut être trop de choses à la fois
Le point fort de « The Dog Stars » est l’habileté avec laquelle Ridley Scott décrit des personnages élémentaires mais cohérents avec la situation qu’il nous propose, avec un monde dans lequel nous sommes revenus à un tribalisme primitif, et dont la caractérisation fait un clin d’œil à la saga « 28 Days Later » et aux suites ultérieures, au film de zombies susmentionné. Il semble presque inutile de nier le lien du film avec les ambiances des sagas « The Walking Dead » et « The Purge ». Cependant, Scott, aussi impudent qu’il soit, prend aussi la peine d’évoquer sans vergogne (mais toujours avec respect) le cinéma de Stanley Kubrick, Sam Raimi, John Carpenter. Cependant, tout repose sur une âme néo-occidentale qui doit beaucoup, beaucoup, au cycle crépusculaire qui fut, ainsi qu’à sa progéniture narrative moderne. Le problème, cependant, est que le scénario de Mark L. Smith ne parvient pas à développer le matériel source de manière suffisamment fluide. Le montage apparaît souvent un peu forcé, qui sait si le Director’s Cut pourrait nous aider là aussi.
Elordi, Brolin et tous les autres fonctionnent bien, mais le développement des thèmes, surtout la solitude, la peur de ceux qui sont différents de nous, le besoin de lâcher prise sur le passé même lorsqu’il nous est cher, a déjà été abordé de manière beaucoup plus profonde dans le passé. Ridley Scott semble pressé, bon sang à 89 ans on a tort de s’attendre à la même main des bons moments, mais quand même, « The Dog Stars » apparaît comme un joli mélange de choses déjà vues, jouissif, mais largement en dessous de ce que nous avaient proposé « The Road », « Children of Men » ou encore « Code Genesis ». Pourtant, on a souvent l’impression de regarder deux films différents, comme si harmoniser les différentes âmes était une tâche trop difficile. Lorsqu’il appuie ensuite sur l’accélérateur, il le fait précipitamment, puis s’arrête immédiatement et devient presque disgracieux dans les 15 dernières minutes. « The Dog Stars » aurait pu bien mieux jouer ses cartes, le résultat final apparaît être un film qui plutôt que de revendiquer une identité, un but, se contente de les peindre sur le mur et c’est tout.
Note : 6