Suicides en Italie : 4 sur 5 sont des hommes et les prisons sont l’un des endroits les plus dangereux, selon les données de l’ISTAT et de l’OMS

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Selon l’ISTAT, en Italie, je suicides ils sont 10 fois plus nombreux que les meurtres : en 2023, 3 741 ont eu lieu et bien plus 77% il a couvert hommes. De plus, à l’échelle mondiale, les données de l’OMS identifient les suicides comme troisième cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans. Le prison C’est l’endroit le plus à risque : selon l’association Antigone, 106 détenus ont ainsi perdu la vie en un peu moins d’un an et demi. Voyons dans cet article quelles sont les données au niveau italien, européen et mondial.

Combien y a-t-il de suicides en Italie et lesquels sont les plus fréquents : données ISTAT

Les données officielles ISTAT les plus récentes (publiées en mai 2026) nous indiquent qu’en 2023 en Italie, ils se sont bien passés 3 741 suicides, c’est à dire 6,9 pour 100 000 habitants. A titre de comparaison, en 2024, il y a eu 327 meurtres en Italie, donc je suicides ils sont sur 10 fois plus fréquent que les meurtres.

Cependant, même si la diffusion toujours croissante de l’information en ligne tend à en amplifier la dimension, les séries historiques de l’Istat nous apprennent qu’au cours des dernières décennies il y a eu une forte baisse par rapport aux années 1980 et les années 1990, avec une stabilisation dans les années 2010-2020 et une légère augmentation dans certaines tranches après la pandémie, mais sans croissance structurelle nette.

En analysant la période 2015-2023, différentes tendances sont observées par tranche d’âge, bien que le taux se référant à l’ensemble de la population soit relativement stable :
• dans la plupart jeune il y avait un forte augmentation taux en 2021 et les niveaux sont ensuite restés constants jusqu’en 2023.
• Entre 50 et 79 ans au lieu de cela, il y avait une tendance vers diminuer, mais avec quelques pics.
• parmi plus de quatre-vingts ans, après une période de légère baisse entre 2015 et 2019, on note une augmenter à partir de 2020, suivie d’une diminution seulement en 2023.

La cause de décès la plus fréquente est la pendaison ou la suffocation (49 % en 2023), suivie par les décès par précipitation (20 %) et par arme à feu ou explosifs (10 %). Les décès dus au suicide suite à un empoisonnement (6 %), à une collision avec un véhicule ou à une noyade (3 %), à des objets tranchants (2 %) et à un incendie ou à des objets très chauds (1 %) sont cependant moins fréquents.

Le bilan mondial : plus de 700 000 décès chaque année selon l’OMS

À l’échelle mondiale, la disponibilité et la qualité des données sur le suicide et l’automutilation sont médiocres. À peu près 80 états Les membres de l’OMS ont données de bonne qualité à partir des registres de population, qui peuvent être utilisés directement pour estimer les taux de suicide.

Cependant, bien que partielles, les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) montrent que le suicide entraîne la mort de plus de 720 000 personnes chaque année: en moyenne 9,2 pour 100 mille habitants.

Les données de l’OMS nous indiquent également qu’à l’échelle mondiale :

  • le suicide est le troisième cause de décès chez les jeunes âgé entre 15 et 29 ans
  • Le 73% des suicides surviennent dans pays à revenu faible et intermédiaire
  • le lien entre suicide Et troubles mentaux (en particulier la dépression et les troubles liés à la consommation d’alcool) et les tentatives de suicide antérieures sont bien documentées dans les pays à revenu élevé. Cependant, de nombreux suicides surviennent de manière impulsive en temps de crise, avec une diminution de la capacité à gérer le stress de la vie, comme les problèmes financiers, les conflits relationnels ou la douleur et la maladie chroniques.
  • Le traumatisme causés par un conflit, une catastrophe, la violence, les abus, la discrimination ou la perte sont fortement associés au comportement suicidaire.

Quel est le pays avec le plus de suicides au monde et en Europe ?

Selon les estimations les plus récentes de l’OMS (relatives à 2021), le pays ayant le taux de suicide par habitant le plus élevé au monde est Lesotho (28,7 pour 100 000 habitants), une enclave de l’Afrique du Sud, suivie de République de Corée (27.5)e Eswatini (27.2), un État indépendant d’Afrique australe et l’une des trois monarchies d’Afrique, avec le Maroc et le Lesotho.

Les principales causes de suicide au Lesotho sont violence sexuellele chômage, le chagrin provoqué par la mort d’êtres chers ou l’abus de drogues et d’alcool. Des situations fréquentes, aggravées par l’absence d’institutions et une forte stigmatisation sociale.

En Europe, cependant, les données d’Eurostat nous indiquent que la Slovénie enregistre le plus grand nombre de décès par suicide (19,8 pour 100 000 habitants), suivie par la Lituanie (19,5) et la Hongrie. L’Italie, en revanche, fait partie des pays qui comptent le moins de décès par suicide pour 100 000 habitants, avec la Grèce et Chypre.

Les prisons, le point le plus critique du système : le rapport de l’association Antigone

Si l’on considère le suicide en termes de « lieux », le prison est l’un des environnements plus extrêmes. En 2025, le Département de l’administration pénitentiaire a enregistré un total de 254 décès. Parmi eux, il y a 76 suicides (30% de tous les décès en prison). Selon le Rapport sur les décès en prison pour 2025 publié par le Garant national des droits des personnes privées de liberté, ce nombre est en baisse (il était de 83 en 2024).

Cependant, le 2024 c’était malheureusement leannée record par nombre de suicides en prison, depuis que les données sont enregistrées dans les statistiques ministérielles (sur 30 ans). Par ailleurs, selon les données traitées par l’association Antigone, les chiffres sont encore plus élevés ; rien qu’en 2024, il y a eu 8 suicides supplémentaires dans les prisons italiennes. En effet, l’analyse du Garant n’inclut pas les décès survenus à l’hôpital après que la personne ait commis l’acte en prison, ni les décès survenus par asphyxie au gaz ou par grève de la faim, « car il est difficile de déterminer s’il y a eu ou non une intention suicidaire ». La même source nous apprend ensuite que depuis le début de l’année 2026, 24 autres suicides ont été enregistrés, pour un total de 106 personnes en un peu moins d’un an et demi.

Pour contextualiser l’évolution de ce phénomène dans le temps, un fait essentiel à considérer est également lesurpeuplement des prisons: en Italie la présence moyenne de personnes détenues est en effet passée de 53.758 unités en 2021 à 62.841 en 2025, enregistrant une augmentation de 16,9%, les prisons les plus surpeuplées sont aussi celles avec le taux de suicide le plus élevé.

Le problème du genre : 4 suicides sur 5 sont des hommes

En Italie autour 78% des victimes de suicide en 2023 étaient hommes (11,6 pour 100 mille hommes en 2023). Cette différence est stable depuis des décennies et se retrouve également dans presque tous les pays industrialisés.

Cependant, en approfondissant les chiffres, un paradoxe statistique important apparaît :

  • les femmes font plus de tentatives de suicide que les hommes
  • les hommes ont plus de conséquences mortelles que les femmes

Des données ISTAT 2023, certaines différences ressortent également dans le type de décès selon le sexe : les décès par pendaison ou par étouffement concernent plus de la moitié (58 %) des suicides masculins, mais moins d’un tiers (34 %) des suicides féminins. Les décès par arme à feu sont également plus fréquents chez les hommes (12 %) que chez les femmes (2 %). Les deux méthodes avec un taux de létalité élevé. Au contraire, les décès dus aux précipitations et aux intoxications sont plus fréquents chez les femmes (respectivement 36% et 10%) que chez les hommes (16% et 4%) mais ont un taux de mortalité plus faible.