Combien d’enfants en Italie vivent dans des conditions défavorisées ?

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

En Italie plus d’un mineur sur 4 vit dans conditions défavorisées (26,7%), dont près de la moitié vivent en Sud ou dans Îles (43,6%). Et s’ils vivent dans une famille à un seul revenu, le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale est environ trois fois plus élevé que celui des familles ayant plusieurs revenus.

Avec ces chiffres, l’Italie affiche des pourcentages inférieurs à la moyenne européenne, même si elle enregistre quelques améliorations ces dernières années.

Quels sont les enfants les plus défavorisés en Italie ?

Selon les données les plus récentes de l’ISTAT, en 2024, plus de 2 millions d’enfants et de jeunes italiens les moins de 16 ans vivent en famille risque de pauvreté ou l’exclusion sociale.

La répartition géographique montre un large écart : al Sud et dans Îles le risque s’élève à 43,6% de mineurs. Dans le Nord la part, bien que significative, est beaucoup plus faible, autour 14,3%, et dans Centre est tout 26,2%. Une partie de cet écart peut s’expliquer par le fait qu’au Sud, les services sociaux, les écoles, les transports et l’offre culturelle sont souvent moins répandus et que vivre dans un endroit avec peu d’opportunités renforce inégalités. Les services de garde d’enfants (tels que les crèches, les activités périscolaires, les cantines et le transport scolaire) peuvent en effet alléger le fardeau des familles et améliorer l’équité. Par ailleurs, l’insécurité alimentaire présente également des différences significatives entre le Nord (3,1%), le Centre (2,1%) et le Sud (8,9%).

Aussi la nationalité compte. Si parmi les mineurs italiens le risque est de 23,5%, chez les mineurs étrangers il augmente de plus de 20 points de pourcentage. Cet écart est encore aggravé dans le Sud : ici les étrangers atteignent un risque de 78,2% tandis que les Italiens 40,9%. Cela signifie que de nombreux enfants italiens, notamment dans les régions les plus défavorisées, vivent dans des conditions précaires. Cependant, ces données nous disent également que au Sud, lorsqu’un mineur est étranger, le risque est très élevé. En fait, les mineurs étrangers vivent souvent non seulement dans des familles aux revenus plus faibles, mais sont également confrontés à des obstacles supplémentaires tels que des barrières linguistiques, des difficultés d’accès aux services et de pires conditions de logement. C’est pourquoi il est crucial de garantir que les enfants étrangers aient pleinement accès à tous les services, offrent un soutien linguistique et garantissent leurs droits.

Le diplômes des parents c’est un autre facteur clécar il est étroitement associé au niveau socio-économique de la famille. Si les parents ont au plus un diplôme d’études secondaires, le risque de pauvreté/exclusion sociale pour leurs enfants est supérieur à 50%, alors que si au moins un parent Et diplômé chute considérablement à 10,3%. En fait, moins d’éducation signifie souvent moins d’opportunités et moins de capacité à faire de la médiation face aux difficultés, mais aussi à accéder aux services, aux soutiens et aux réseaux. Et actuellement, il existe encore peu de soutien concret pour les familles peu qualifiées, comme des programmes de rattrapage, du mentorat, des activités extrascolaires gratuites ou peu coûteuses.

Mais aussi le composition familiale a un impact énorme : combien y a-t-il de frères et sœurs, combien de personnes dans la maison, si le mineur vit avec un ou deux parents. Par exemple, si l’enfant vit avec ses deux parents et sans frères et sœurs, le risque est de 18,1 %. S’il a au moins un frère ou une sœur, ce pourcentage s’élève à 26,2 %. Si vous vivez dans une famille monoparentale : sans frères et sœurs, le risque est d’environ 38,3 %, alors qu’avec au moins un frère ou une sœur, il s’élève à plus de 50 %.

Que signifie vivre dans une grande pauvreté ?

Pour mesurer objectivement le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, l’Istat utilise un indicateur qui estime le pourcentage de mineurs vivant dans des familles appartenant à au moins l’une des catégories suivantes : scénarios :

  • Je suis en danger de pauvretéc’est-à-dire qu’ils ont un revenu net équivalent inférieur au seuil de pauvreté (en 2024, le seuil calculé sur les revenus de 2023 est égal à 1 015 euros par mois pour une famille composée d’un membre adulte). En fait, les données nous indiquent que vivre dans une famille à revenu unique triple le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale et grandir dans une famille avec difficultés financières double le risque de pauvreté pour l’enfant, même à l’âge adulte.
  • Ils en ont un faible intensité de travailc’est-à-dire qui travaillent moins de 3 mois par an. Lorsque les adultes au foyer ont peu de stabilité d’emploi, des périodes de chômage élevées ou un travail involontaire à temps partiel (ou sous-payé), le revenu disponible et le bien-être perçu sont directement affectés.
  • je suis en bon état de graves privations matérielles et sociales.

En particulier, une famille est considérée comme se trouvant dans des conditions de grave privation matérielle et sociale lorsqu’au moins sept signes de privation matérielle et sociale sont enregistrés sur cette liste de 13 :

  1. ne pas pouvoir supporter des dépenses imprévues
  2. ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances par an loin de chez soi ;
  3. être en retard sur ses factures, son loyer, son prêt hypothécaire ou tout autre prêt ;
  4. ne pas pouvoir se permettre un repas adéquat au moins une fois tous les deux jours, c’est-à-dire avec des protéines de viande, de poisson ou équivalent végétarien ;
  5. ne pas être en mesure de chauffer adéquatement la maison ;
  6. ne pas avoir les moyens d’acheter une voiture;
  7. ne pas pouvoir remplacer les meubles endommagés ou hors d’usage par d’autres en bon état
  8. ne pas avoir les moyens de se procurer une connexion Internet utilisable à la maison ;
  9. ne pas pouvoir remplacer les vêtements usés par des vêtements neufs ;
  10. ne pas pouvoir s’offrir chaque jour deux paires de chaussures en bon état ;
  11. ne pas avoir les moyens de dépenser une petite somme d’argent pour ses besoins personnels presque chaque semaine ;
  12. ne pas avoir les moyens d’exercer régulièrement des activités de loisirs rémunérées en dehors du domicile ;
  13. ne pas avoir les moyens de rencontrer sa famille et/ou ses amis pour boire ou manger ensemble au moins une fois par mois.

Le signe de dénuement le plus répandu au Bel Paese est de vivre dans une famille qui ne peut pas se permettre, pour des raisons économiques, de remplacer les meubles endommagés par d’autres en bon état. Ils suivent le ne pas avoir les moyens de passer au moins une semaine de vacances par an loin de chez soi et de pratiquer régulièrement des activités de loisirs rémunérées en dehors du domicile. Ce dernier chiffre est celui qui a connu la plus forte détérioration ces dernières années, tandis que le pourcentage d’enfants et de jeunes ayant accès à une connexion Internet utilisable à la maison s’améliore. Parmi les signes de privation les moins fréquents parmi les familles figurent la possession d’une voiture et d’au moins deux paires de chaussures en bon état.

Par rapport à 2021 (année où une étude similaire a été réalisée sur la condition des mineurs), en 2024 la part des Les enfants italiens menacés de pauvreté o l’exclusion sociale a légèrement diminué (surtout dans le Nord) mais la part des enfants étrangers à risque a doublé. En effet, tant le risque de pauvreté (22,8% en 2024 contre 25,6% en 2021) que la faible intensité de travail (6,7% contre 7,6%), qui reflète la tendance générale positive du marché du travail, ont diminué. En revanche, l’indicateur de déprivation matérielle et sociale grave nous apprend que 6,1% des mineurs (5,3% en 2021) présentent au moins sept signes de déprivation sur les treize considérés.

Bref, grandir en Italie n’est pas une garantie d’opportunités et dépend encore trop du lieu de naissance, de la famille, des ressources culturelles et économiques dont on dispose.